Le 5e Festival de films sur les droits de la personne offrira 63 films de 20 pays

Cinq ans déjà que le Festival de films sur les droits de la personne de Montréal (FFDPM) roule en prenant de l'ampleur. Cette année, l'équipe de programmation a reçu 13 000 films, ce qui, de l'avis du président de la manifestation Alix Laurent, témoigne à la fois d'une production foisonnante et d'une mauvaise situation planétaire...

Au menu de cette cinquième édition qui roulera du 11 au 21 mars, 63 oeuvres en provenance de 20 pays, dont 52 primeurs. Aussi deux cinéconférences: une sur l'âgisme, l'autre sur les regards croisés sur la discrimination en France et au Québec. Un nouveau laurier s'ajoute: le prix Arthur Lamothe, qui couronnera cette année la boîte de cinéma engagé avec documentaires tournés à l'étranger: Macumba international.

En ouverture, une fiction en première québécoise sur le sombre sujet du génocide rwandais Le Jour où Dieu est parti en voyage du Belge Philippe Van Leew, cinéaste qui se déplacera ici pour l'occasion. En clôture, des couleurs plus riantes: le documentaire Les Super Mémés du Montréalais Magnus Isacsson, sur des grands-mères québécoises déchaînées et engagées, dont plusieurs viendront rencontrer le public.

Le cinéaste Charles Binamé, porte-parole de l'événement, souhaiterait modifier la perception que les gens ont du FFDPM, avec ses étiquettes d'austérité et d'obligation citoyenne de s'y pointer. Il le voit comme une tribune d'humanité, de courage, un relais de conscience avec des films sur des sujets souvent déprimants qui nous font pourtant du bien.

Un des axes thématiques importants de cette édition est la condition féminine. Des films comme Women in Shroud des Iraniens Farid Haerineajd et Mohamed Reza Kazemi, aborde le traitement réservé aux femmes adultères en Iran, Rough Aunties de la Britannique Kim Longinotto témoigne de femmes en Afrique du Sud qui défendent les enfants victimes de violence, etc.

Weapon of War, des jumelles hollandaises Femke et Isle Velzen, se penche sur l'usage du viol comme arme de guerre au Congo. La situation dans les zones de conflits est souvent traitée: Reporter de l'Américain Éric Meyer se consacre au combat du reporter du New York Times Nick Kristof, qui entend éclairer le désastre humanitaire du Congo.

Au Centre culturel Simon Bolivar est présenté le volet Regards sur l'Amérique latine, avec des films comme Abya Yala, ou Cette terre est la nôtre du Français Patrick Vanier, dans lequel des voix indigènes rêvent d'une nouvelle Bolivie.

Des programmes jeunesse se destinent aux 6 à 17 ans, une exposition, Le Racisme, c'est l'autre, s'accrochera aux cimaises du Cinéma du Parc, avec 69 caricatures contre l'intolérance et le racisme.

Cinq cinémas abritent le FFDPM: le Cinéma du Parc, le Parallèle, le Cinéma ONF et le Centre culturel Simon Bolivar. Certains films seront projetés aussi au Musée de la civilisation de Québec.