Faux et sucré à L. A.

Un jeune commis de bureau (Topher Grace) fait la cour à une secrétaire (Anne Hathaway, le seul élément fort du film)...
Photo: Warner Un jeune commis de bureau (Topher Grace) fait la cour à une secrétaire (Anne Hathaway, le seul élément fort du film)...

Il faut avoir l'estomac solide pour tolérer les deux longues heures que dure ce film choral campé à Los Angeles durant la journée de la Saint-Valentin. Et même les esprits les plus romanesques réclameront du sang et des corps morts à la vue des chassés-croisés laborieux d'une quinzaine de personnages, liés de près ou de loin, observés par le myope Garry Marshall (Pretty Woman, Frankie and Johnny), 75 ans, qui se croit encore au temps de Happy Days (série qu'il avait créée).

Tout goûte sucré et sonne faux dans ce diaporama radiophonique (croyez-moi, ça se peut) et «matante», convergeant vers la boutique charmante d'un fleuriste amoureux (Ashton Kutcher) qui, littéralement ou métaphoriquement, irriguera Los Angeles, une ville réputée pour son charme pittoresque et la joie de vivre de ses habitants, de fleurs et de pétales de roses.

Sa meilleure amie institutrice (Jennifer Garner) sort sans le savoir avec un homme marié (Patrick Dempsey). L'élève mignon tout plein de celle-ci est épris d'elle. Un jeune commis de bureau (Topher Grace) fait la cour à une secrétaire (Anne Hathaway, le seul élément fort du film) dont il ignore qu'elle joint les deux bouts comme hôtesse érotique d'une ligne téléphonique. Téléphonique? Si, si, le Web n'est pas encore arrivé à L. A. Vous ne le saviez pas?

Tandis que le récit nous fait remonter à pied la longue chaîne amoureuse, émaillée de quelques célibataires déçus ou endurcis, jusqu'à un couple de grands-parents fous l'un de l'autre (Shirley McLaine et Hector Elizondo), on prie pour que le soleil se couche. Et ô surprise, quand ça arrive, le film monté à la hache nous ramène au milieu de l'après-midi, sans raison, comme si Marshall, pour réveiller le spectateur drogué au pois de senteur, avait inversé deux bobines. Jamais un happy-end n'aura été aussi heureux.

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Collaborateur du Devoir