Série documentaire sur la Seconde Guerre mondiale - Apocalypse se veut une mémoire vive pour les jeunes générations

Une équipe de dix recherchistes a travaillé pendant deux ans pour récolter les images d’archives et les témoignages qui composent Apocalypse: la 2e Guerre mondiale. En plus de leur originalité, les images ont reçu un traitement de «mise en couleur».
Photo: TV5 Une équipe de dix recherchistes a travaillé pendant deux ans pour récolter les images d’archives et les témoignages qui composent Apocalypse: la 2e Guerre mondiale. En plus de leur originalité, les images ont reçu un traitement de «mise en couleur».

Après avoir signé de grands documentaires historiques tels qu'Eva Braun: dans l'intimité d'Hitler, La Traque des nazis et Les Ailes des héros, la réalisatrice Isabelle Clarke revient à la charge avec une nouvelle et colossale série documentaire en six épisodes. Composée entièrement d'archives, dont la moitié sont inédites, Apocalypse: la 2e Guerre mondiale propose une vision à la fois globale et historique de cette époque charnière de notre histoire.

Stratégies militaires, enjeux politiques internationaux, cheminement des chefs de guerre, la série Apocalypse traite également du quotidien des civils bombardés, des soldats au front et des résistants anonymes. Alors que d'autres documents ont mis l'accent sur une bataille en particulier ou une période donnée, Apocalypse fait le pari d'aborder l'ensemble des événements de ce conflit. «Nous voulions présenter la simultanéité des faits, les enjeux qui se dessinaient en parallèle, souligne la réalisatrice. Et, 70 ans après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, notre désir était de faire une oeuvre fondatrice, à hauteur d'homme. En entrant dans le quotidien des victimes, nous avons pu montrer cette progression irrésistible de la terreur, du mal et de la folie qui a embrasé l'ensemble du monde.»

De la couleur et du matériel inédit

Pour ce faire, une équipe de dix recherchistes a travaillé pendant deux ans pour récolter les images d'archives et les témoignages qui composent l'oeuvre. Pas moins de 650 heures de matériel provenant de 46 sources dans une vingtaine de pays ont été nécessaires à la réalisation du projet. L'équipe a su tirer profit de l'amélioration des techniques de catalogage des cinémathèques pour dénicher des plans inédits, mais aussi de l'ouverture de certains fonds amateurs. «On a eu la chance de travailler à partir d'archives réapparues après deux générations, précise Mme Clarke. C'est le cas de certaines bobines usagées qui ont été retrouvées dans les greniers par des petits-enfants d'hommes et de femmes qui ont vécu la guerre.»

En plus de leur originalité, les images ont reçu un traitement de «mise en couleur». Utilisée dans quelques-uns des précédents documentaires de la réalisatrice, la technique de colorisation permet, selon elle, une perspective plus saisissante des événements. Pour une minute de film, il aura fallu au moins trois jours de recherches, de vérifications et de précisions historiques pour déterminer la couleur exacte d'un uniforme, d'une arme ou encore d'un véhicule. «Il est plus juste de parler d'une restitution des couleurs que du simple fait de coloriser. Pour nous, il s'agissait d'une façon de se rapprocher de la réalité, de la violence, de cette haine qui a tant détruit. Nous avions ce souci de donner un souffle épique à la série, et la couleur participe grandement à tout cela.»

Rejoindre les jeunes générations

Une des principales préoccupations de la réalisatrice et de son équipe, soit faire aimer l'histoire aux jeunes générations, a influencé la forme et l'écriture du projet. Près de l'oeuvre cinématographique, Apocalypse se veut un documentaire accessible au plus grand nombre, jonglant avec la rigueur historique et la

narration efficace, le récit et l'émotion.

Mathieu Kassovitz, qui avait déjà prêté sa voix au documentaire La Traque des nazis, donne à nouveau le commentaire dans cette série. Populaire auprès des jeunes, reconnu pour son travail à Hollywood et son engagement, l'artiste apporte beaucoup d'humanité au récit, aux dires de la réalisatrice. «La décision de collaborer une seconde fois avec Mathieu Kassovitz s'est tout de suite imposée, raconte-t-elle. Il a ce timbre de voix particulier, empreint de compassion sans tomber dans le pathos, qui correspondait tout à fait à notre propos.»

Quant à la bande originale, c'est au compositeur japonais Kenji Kawai qu'est revenue la tâche de donner un son international à la série. Également connu des jeunes générations pour avoir composé la musique de nombreux mangas, tels que Ghost in the Shell et Avalon, le musicien mélange les sonorités, passant des tambours à l'électronique. Les parties symphoniques, quant à elles, ont été enregistrées avec un véritable orchestre.

Grâce à cette série documentaire, Isabelle Clarke souhaite ardemment lutter contre l'oubli qui conduit au négationnisme. «J'ai eu cette intuition de devoir réaliser ce film pour ma mère, qui a vécu l'exode lorsqu'elle était une petite fille. Mais je l'ai aussi fait pour ma fille de 18 ans et pour les jeunes de son âge, afin de leur rappeler que cette sombre période de l'histoire est également la leur.»

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Apocalypse : la 2e Guerre mondiale

Dès le lundi 9 novembre, à 20 heures, à TV5.

Une émission spéciale de deux heures marquera le début de la série.

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Collaboratrice du Devoir

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