Nomination de François Macerola à la tête de la SODEC

Après annonce prématurée dans les journaux, puis report, ce sera aujourd'hui chose faite. Émanant du Conseil des ministres, la nomination de François Macerola au titre de président et chef de la direction de la Société des entreprises culturelles (SODEC) deviendra effective.

Rappelons que Radio-Canada, le 8 octobre dernier, avait annoncé que des vérifications étaient effectuées par le gouvernement du Québec afin de s'assurer que M. Macerola, du temps où il dirigeait Téléfilm Canada, n'avait pas participé à la destruction de documents dans le cadre de l'Affaire Cinar. Ce qu'avaient nié le bureau du premier ministre et François Macerola lui-même. Mais la femme de César ne doit pas être soupçonnée, estimaient certains, en jugeant que le poste avait été suffisamment porté par la houle ces derniers mois...

De fait, son prédécesseur à la SODEC Jean-Guy Chaput fut destitué en juin par la ministre de la Culture après un rapport du vérificateur général, qui jugeait ses dépenses excessives à l'étranger, notamment au Festival de Cannes. Mais après avoir menacé l'État de poursuites, il s'était vu simplement rétrogradé au ministère de la

Culture jusqu'au 3 octobre dernier. Gilles Corbeil avait assuré l'intérim entre-temps.

François Macerola travaillait depuis 2003 pour le Cirque du Soleil, ces dernières années à titre de producteur exécutif responsable du développement du Cirque en Chine, charge qui avait fini par lui peser.

À 67 ans, vieux routier du milieu cinématographique et politique ayant de puissants alliés en haut lieu, il aura dirigé et l'ONF et Téléfilm Canada, un temps distributeur de films. François Macerola s'était également présenté comme candidat libéral de l'équipe Charest en 1998 dans Vimont, sans être élu. Il a présidé pendant quatre ans le conseil d'administration de la Société de la Place des Arts.

En coulisse, certains déplorent que la SODEC, à l'heure des nouvelles plateformes et des révolutions technologiques, n'ait pas privilégié le sang neuf, histoire de brasser la cage et d'ouvrir sur des lendemains inédits. D'autres se disent contents de voir arriver un homme qui connaît la musique. Quoi qu'il en soit, le voici désormais aux commandes de l'organisme qui tient les cordons de la bourse et qui trace les orientations en matière de culture au Québec.

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