Tournages étrangers - Regain d'intérêt pour Montréal

Selon le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), les changements récents apportés aux crédits d'impôt pour les productions étrangères et à la Loi sur le statut de l'artiste ont créé un regain d'intérêt pour la métropole, et ils pourraient signifier le retour à Montréal de tournages annulés au profit d'autres villes.

«L'effet a été instantané. Le téléphone ne dérougit pas depuis quelques semaines. Ces changements ont fait débloquer de nombreux projets et pourraient même entraîner le retour à Montréal de projets annulés en faveur d'autres villes de tournage», a souligné hier Sylvain Gagné, commissaire adjoint au BCTQ.

Dans une lettre publiée aujourd'hui dans Le Devoir, la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, affirme avoir bon espoir que les changements apportés à la Loi sur le statut de l'artiste, adoptés le 1er juillet dernier, remettront sur les rails l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel québécois, fortement ébranlée ces dernières années par un conflit de travail.

Ces changements ont mis fin au conflit qui opposait l'Alliance québécoise des techniciens de l'image (AQTIS) et l'Alliance internationale des employés de scène, de théâtre, techniciens de l'image, artistes et métiers connexes des États-Unis et du Canada (AIEST) depuis 2005. Ce différend avait eu un effet de sape sur les tournages étrangers et entraîné des pertes de revenus importantes pour le milieu du cinéma, évaluées à 200 millions par année. Ces tournages représentent aussi environ 20 % des revenus annuels des techniciens de l'industrie.

Selon Sylvain Gagné, plusieurs projets de tournage étrangers seraient sur le point d'être conclus et annoncés. D'après le BCTQ, le Québec n'a accueilli que sept films américains et une coproduction Belgique-Québec depuis le début de 2009, dont The Last Templar et Oscar et la dame rose, et 11 productions étrangères en 2009. Une baisse majeure par rapport à 2007: 16 films étrangers avaient alors été tournés dans la métropole, dont les super-productions The Curious Case of Benjamin Button, Afterwards, et The Spiderwick Chronicles.

Le BCTQ avait applaudi en juin dernier le retour de la paix syndicale, mais aussi la bonification des crédits d'impôt consentis aux producteurs étrangers, qui atteindront 25 % de toutes les dépenses admissibles et 30 % pour les effets spéciaux, l'animation numérique et le tournage sur écran chromatique. À ce seul chapitre, le soutien du gouvernement atteindra 15 millions par année.

«Ces efforts s'inscrivent en continuité de notre action à la suite du Plan de soutien au cinéma et à la production audiovisuelle de 2003. Au total, ce sont environ près de 140 millions qui sont attribués au développement, à la production et à la promotion de nos oeuvres cinématographiques et télévisuelles», a souligné hier la ministre St-Pierre.

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