Présence autochtone - Henri Hiro ou l'âme de Tahiti

La Cinémathèque québécoise, dans un volet de Présence autochtone, consacre une rétrospective à l'extraordinaire héros tahitien Henri Hiro, qui voulut sauver son peuple de l'acculturation.

Chantre de la culture ma'ohi en Polynésie française, le poète, activiste, homme de théâtre, danseur, acteur et cinéaste Henri Hiro est une figure passionnante de résistance identitaire. La Cinémathèque québécoise, dans le cadre de Présence autochtone, lui consacre une rétrospective, du 12 au 20 juin. Occasion en or de connaître ou d'approfondir l'univers de cet homme magnifique, au physique comme au moral, qui voulut sauver l'âme de l'île chère à Gauguin.

Ce soir, à 19h, est projeté le documentaire Poroï, de Patrick Auzépy, sur son extraordinaire parcours. Cette grande figure tahitienne, née en 1944 et morte en 1990, fut de tous les combats pour dénoncer, par l'art et la parole, les conséquences de l'implantation d'une centrale nucléaire sur la santé et la culture de son peuple. Il a vécu Mai-68, comme en témoignent les images d'archives, abandonné l'Église après ses études en théologie et renoué avec les anciens cultes polynésiens, en propageant sa culture et en s'y plongeant tout entier. Entrevues, témoignages, incursions dans son univers créatif, ce documentaire se révèle une clé pour saisir l'ampleur de son action multiforme.

Dans Les Immémoriaux, de Ludovic Segarra, réalisé en 1982, Henri Hiro incarne le résistant en paréo qui vit de façon traditionnelle, et participe à des rituels sacrés, alors que les touristes se font glisser des colliers de fleurs au cou et que le modèle occidental impose sa marque partout. Le Château (1979) met en scène des jeunes en perte de repères. Dans Marae (1983), il reconstitue une imposante cérémonie traditionnelle. Henri Hiro fut, au sens le plus noble du terme, un grand homme.

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