Faire rimer art avec souci écologique

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Les visiteurs pourront se prélasser sur les bancs de carton alvéolé de la firme Molo.
Photo: source mbam Les visiteurs pourront se prélasser sur les bancs de carton alvéolé de la firme Molo.

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) vire au vert. Papier kraft pour les invitations, catalogue sur papier recyclé, scénographie démontable: pour sa prochaine exposition, Grandeur nature, l'établissement muséal de la rue Sherbrooke a entrepris de faire rimer art avec souci écologique.

Alors qu'on s'affaire à monter les quelque 200 oeuvres de la prochaine exposition du MBAM dédiée aux peintures et photographies de paysage du XIXe siècle, on aura beau chercher l'ombre d'un composé organique volatile (COV) dans les salles d'exposition, on ne trouvera pas.

Pas de colle, pas d'adhésif toxique non plus, toute l'exposition sera montée à l'aide de techniques d'assemblage mécaniques qui privilégient vis et boulons. «Le but est de pouvoir réutiliser les matériaux pour de futures expositions», explique Danielle Champagne, responsable des communications pour le musée.

Mais on ne vire pas au vert en criant «sapin». Le musée a fait appel aux écoconseillers de la firme Takt-Étik et à l'atelier de designers Big City pour concevoir cette exposition à saveur écologique et instaurer dans ses murs de nouvelles pratiques favorables au développement durable. L'attention toute particulière accordée au montage de Grandeur nature se veut le premier pas d'un virage plus large vers un musée plus écoresponsable.

Van Dongen recyclé en Maurice Cullen

Il y aura d'ailleurs un peu de Van Dongen derrière les pittoresques paysages d'Ozias Leduc, de Maurice Cullen, etc., puisque environ une tonne de matériaux utilisés lors de l'exposition sur le peintre fauve tenue l'hiver dernier ont été récupérés pour la construction de la scénographie verte imaginée par l'atelier Big City. Si la plupart des vitrines de vitre fabriquées pour les expositions connaissent une seconde vie, les autres matériaux prenaient autrefois le chemin des poubelles.

«On pouvait réutiliser des objets comme les bancs ou les vitrines en verre, mais plusieurs matériaux n'étaient pas réutilisés, car ils étaient difficilement démontables. Cette fois, nous avons choisi d'utiliser des matériaux biodégradables provenant de sources locales, ainsi que de la peinture dépourvue de COV», précise la porte-parole du musée.

Entre deux toiles d'Émily Carr et de Suzor-Côté, les visiteurs pourront aussi savourer le coup de pinceau des peintres paysagistes en se prélassant sur des bancs souples ultralégers, pliables, facilement transportables, biodégradables et entièrement faits de carton alvéolé par la firme Molo design de Vancouver. Ceux qui feront l'affront de se promener avec de l'eau embouteillée auront toutefois le loisir de déposer leur empreinte de plastique dans des contenants de recyclage.

Et quand le rideau tombera sur les peintures de Georgia O'Keefe et les photographies de Eadweard Muybridge, la plupart des cloisons et des boîtiers seront démontés en vue d'une réutilisation future. «Tous les contreplaqués et les montants en 2 X 4 pourront être réutilisés. On a aussi accompagné le musée pour instaurer une politique de réduction du papier et de contrôle de l'énergie à l'intérieur du musée, mais un bon bout de chemin avait déjà été fait à ce sujet», soutient Marc Belley, directeur général adjoint de Takt-Étik.

Les textes du catalogue d'exposition ont aussi été publiés sur du papier fait de fibres postconsommation à 100 %, avec des encres végétales. Quant aux reproduction des oeuvres, qualité d'impression oblige, elles seront publiées dans des cahiers distincts sur du papier de meilleur qualité, contenant seulement 30 % de fibres recyclées.

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