Projection de films - Imposer le numérique...à la mode de chez nous

Prenant le taureau mutant par les cornes en matière de projection de films, l'entreprise Vision globale lance un projet de développement d'un réseau québécois de cinémas numériques.

Jeudi prochain, dans le cadre d'une conférence de presse, Denis Lebel, le ministre d'État de Développement économique Canada, dévoilera le montant d'une aide financière substantielle accordée à cette compagnie québécoise pour implanter son réseau. Ce dernier pourrait s'étendre dans un premier temps à 250 projecteurs sur les écrans du Québec.

«La révolution numérique est là, explique Mathieu Lefebvre, p.-d.g. de Vision globale. Ayons une position de leadership dans ce changement, et rendons-le favorable à notre propre industrie.»

Pour l'instant, une quinzaine d'écrans au Québec, à travers les circuits Cineplex, Guzzo surtout, bénéficient de projecteurs numériques, adaptés aux normes américaines DCI (Digital Cinema Initiatives). Ceux-ci permettent de présenter des films en 3D, mais aussi de diffuser un contenu alternatif: opéras, spectacles, etc. Les films en trois dimensions sont la nouvelle coqueluche d'Hollywood. Environ 18 d'entre eux prennent l'affiche en 2009, mais 27 ou 28 sont prévus l'an prochain. D'où une importante demande.

Pour l'instant, les productions américaines profitent surtout de cette technologie. Mais Vision globale entend étendre les possibilités du système, afin que les films et les spectacles québécois puissent entrer dans le bal.

Sans s'endetter

L'entreprise, attelée au projet depuis un an et demi, offre aux exploitants de salles, en région et ailleurs, de passer au numérique, sans s'endetter et sans avoir à se dépêtrer avec une technologie en perpétuelle évolution dont ils contrôlent mal les arcanes.

Un projecteur numérique adapté aux normes en question vaut environ 100 000 $. Vision globale propose aux exploitants d'équiper elle-même des écrans à un coût minime (avec installation pour moins de 2000 $) et d'en assurer la maintenance (moins de 4000 $).

Les distributeurs qui veulent projeter un de leurs films en numérique paieront des droits à Vision globale, toutefois inférieurs au coût de la copie en 35 mm. Un système clé en main, avec techniciens formés en conséquence et rotation de projecteurs au fil des besoins énoncés.

«Bientôt, le prix des films en 35 mm va doubler, poursuit le p.-d.g., et la transition doit s'effectuer dans l'harmonie. Actuellement, les plus grandes salles des complexes cinématographiques sont équipées en conséquence, pas nécessairement celles où les films québécois sont projetés. Il faut étendre l'éventail. Sans vouloir s'immiscer dans la programmation des exploitants, on veut donner un coup de pouce aux produits québécois, les rendre disponibles en contenu alternatif, à l'intérieur et à l'extérieur du Québec. Pourquoi un concert de l'Orchestre symphonique de Montréal ne pourrait-il pas être diffusé au Japon, par exemple? Nous devons mettre à profit ce nouveau média.»

Mathieu Lefebvre assure que sa compagnie, implantée depuis 20 ans, spécialisée entre autres dans les effets visuels et la postproduction, pourrait aider aussi à produire le premier film québécois en 3D.

C'est bien beau la révolution numérique, mais Vision globale s'engage également à fournir des copies 35 mm de films québécois, tant et aussi longtemps que des exploitants de salles en auront besoin.

«Dans cinq ans, dans dix ans, les copies sur pellicule seront devenues très rares, mais on assurera le service pour tous supports.»

Les dirigeants de l'entreprise sont également en contact avec d'autres promoteurs de réseaux numériques à l'étranger, et ils envisagent des maillages futurs.

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