Assemblée publique de Téléfilm Canada - Téléfilm Canada administrera le Fonds des médias

Le directeur général de Téléfilm, Wayne Clarkson, a indiqué au Devoir ne pas avoir de crainte quant à la possibilité que Téléfilm finance des projets qui ne viseront pas nécessairement un large public.
Photo: Jacques Grenier Le directeur général de Téléfilm, Wayne Clarkson, a indiqué au Devoir ne pas avoir de crainte quant à la possibilité que Téléfilm finance des projets qui ne viseront pas nécessairement un large public.

C'est Téléfilm Canada qui sera l'administrateur du nouveau Fonds des médias du Canada (FMC), a indiqué l'organisme hier. Mais il faudra attendre plusieurs mois avant de savoir ce qu'il administrera exactement.

La toute première assemblée publique annuelle de Téléfilm a eu lieu hier après-midi à Montréal (et en webdiffusion partout). Et force est de constater que le flou qui entoure actuellement le futur fonds cause bien des inquiétudes.

Le 9 mars dernier, le gouvernement conservateur annonçait la fusion pour avril 2010 du Fonds canadien de télévision (FCT) et du Fonds des nouveaux médias. Les deux seront réunis au sein du Fonds des médias du Canada.

Les détails sur le fonctionnement du FMC seront dévoilés plus tard, mais on sait à tout le moins que le fonds encouragera des productions pouvant rejoindre un large public et qui devront être diffusées sur au moins deux plateformes différentes, dont la télévision.

Or ce manque de précisions dérange. Les documentaristes, entre autres, se demandent comment ils pourront faire financer des films sur des sujets controversés, alors que les producteurs de contenu sur le Web craignent de devoir trouver un télédiffuseur.

Hier, des participants à l'assemblée ont tenu à dire au directeur général de Téléfilm, Wayne Clarkson, et au président du conseil d'administration, Michel Roy, qu'ils devront être vigilants lorsqu'ils seront consultés pour définir le FMC.

Michel Roy en a pris bonne note. «On est tout à fait d'accord avec l'orientation du ministère que les émissions de télévision devraient être accompagnées d'un soutien interactif. Ça va susciter de l'intérêt pour cette avenue et créer une association naturelle entre les télédiffuseurs et les médias numériques interactifs.»

Il faut toutefois voir aussi la relation à l'envers, dit-il. «Environ 80 % des demandes [du Fonds des nouveaux médias] ne concernaient pas la télédiffusion. Il faudra donc trouver une façon de s'occuper des productions de ce type. De quelle manière? Je ne le sais pas encore, on verra quand les directives du FMC seront connues. Mais peut-être que Téléfilm pourrait développer un programme en ce sens, c'est possible.»

De son côté, Wayne Clarkson a indiqué au Devoir ne pas avoir de crainte quant à la possibilité pour Téléfilm de financer des projets qui ne viseront pas nécessairement un large public. «Le FCT a toujours collaboré à ce genre de projets, a-t-il dit. Mais c'est aussi normal de demander à quelqu'un quel public il vise avant de lui donner 3,5 millions en fonds publics.»

M. Clarkson dit au milieu de ne pas s'inquiéter avant de connaître les détails du futur Fonds des médias. «Nous serons consultés et appelés à dire ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Nous aurons la possibilité de dire ce qu'on en pense, même si nous n'avons pas le contrôle final.»

Interrogé sur l'état des relations entre Téléfilm Canada et le gouvernement conservateur, M. Clarkson s'en est tiré avec un large sourire et une réponse diplomatique: «Notre responsabilité est de travailler avec le ministre qui est là.»

Coproductions

Durant l'assemblée d'hier, Michel Roy a insisté sur la nécessité de développer des partenariats avec des producteurs étrangers afin de favoriser les coproductions. «Les sources de financement sont limitées au Canada», a-t-il rappelé. Un meilleur financement — qui passe selon lui davantage par le privé que par une augmentation des fonds venant d'Ottawa — permettra aux productions canadiennes de mieux se démarquer de celles américaines, estime M. Roy.

Actuellement, le cinéma canadien-anglais accapare entre 1 % et 2 % des parts de marché, alors que le cinéma québécois occupe entre 15 % et 20 % de l'espace cinéma.

Le producteur Roger Frappier est aussi venu demander l'abolition d'un plafond de financement qui n'existe que pour les productions francophones. À partir d'un certain nombre de productions faites en français, les producteurs comme M. Frappier doivent se tourner vers des productions en anglais pour poursuivre leurs activités. Michel Roy a promis d'étudier cette question avec le conseil d'administration.

À voir en vidéo