Vues d'Afrique célèbre 25 ans de projections

Un quart de siècle de films africains et créoles dans un festival qui a su s'imposer, ça se célèbre. Le public est là: 12 000 entrées, bon an, mal an. Un volet du rendez-vous est présenté à Québec depuis une douzaine d'années, un autre pour la première fois à Ottawa, à La Nouvelle Scène. Ça roule.

Toutefois, malgré le gros anniversaire, le président de la manifestation, Gérard Le Chêne, n'a pas de quoi pavoiser. Avec la compression au fédéral du programme PromArt qui leur permettait de présenter les oeuvres à l'étranger et de recevoir plus de réalisateurs à Vues d'Afrique, place au régime minceur. La SODEC a aidé le festival, Téléfilm aussi, mais avec les orientations pour privilégier l'aide aux longs métrages canadiens. Puis, avec le ministère des Affaires étrangères et l'ACDI qui retirent leurs billes, ça ne va pas très fort. «Au fédéral, la culture et l'Afrique ne sont pas le duo gagnant», soupire-t-il.

Vingt-cinq ans tout de même, avec une soirée d'ouverture de gala le vendredi 17 avril à l'Impérial: hommages, courts métrages, spectacles, etc. Les animateurs de l'édition sont Philippe Fehmiu et Marie Ange Barbancourt. La gouverneure générale Michaëlle Jean a accepté d'en être la présidente d'honneur.

Le festival donne un coup de chapeau au grand cinéaste égyptien Youssef Chahine, récemment décédé, en présentant quatre de ses films, dont Alexandrie pourquoi et Le Destin. Une rétrospective est consacrée aux oeuvres du Français Laurent Chevalier, dont L'Enfant noir et La Vie sans Brahim. Ajoutez la rétrospective Spike Lee à la

Cinémathèque québécoise.

Sept longs métrages sont en compétition pour le meilleur film de fiction. Sur le lot, deux films primés au dernier Fespaco: Nothing But the Truth de John Kani, coproduit par la France et l'Afrique du Sud, sur fond de séquelles de l'apartheid, et Mascarades de Lyes Salem (Algérie-France), qui aborde les tensions familiales d'un petit village algérien. Johnny Mad Dog du Français Jean-Stéphane Sauvaire (produit par Mathieu Kassovitz), lancé à Cannes dans la section Un certain regard, aborde les aventures d'un enfant soldat.

Deux axes porteurs: l'Afrique du Nord et l'Afrique du Sud. Des thèmes récurrents: quête d'identité, opposition entre jeunesse et traditions, problèmes endémiques du continent africain.

Parmi les sept longs métrages documentaires en compétition: Nos lieux interdits de la Marocaine Leïla Kilani, sur la torture des années suivant l'indépendance.

Toute une section est consacrée à l'explosion africaine des productions numériques, surtout au Nigeria, avec

Nollywood. Mais le Cameroun est entré dans la danse, avec des productions d'amour et d'aventures, comme Clandos de Gervais Djimeli. Regards d'ici se consacre aux oeuvres canadiennes abordant les réalités de l'Afrique et du monde créole.

Vues d'Afrique se déploie à Montréal dans six cinémas: l'Impérial pour l'ouverture, le Cinéma du Parc, le Beaubien, l'ONF, la Cinémathèque

québécoise et le Centre Segal.

À voir en vidéo