Mon meilleur ami

J'écris cette critique à chaud, comme je le fais souvent. J'arrive du cinéma, il est tard. J'ai très sommeil et pourtant, c'est avec un sourire bien accroché au visage que je ponds ces lignes. Je viens de passer une bonne soirée en compagnie d'une amie, de Paul Rudd et de Jason Segel. Eux étaient à l'écran, il va sans dire. I love You, Man, comme c'est toujours le cas avec les films du studio Dreamworks, prend l'affiche sans visionnement de presse. J'ai donc assisté à une projection spéciale à laquelle le public était convié. Il a beaucoup ri, le public. Moi aussi.

I love You, Man s'intéresse au problème pour le moins inusité de Peter Klaven, agent immobilier discret qui, à la veille de convoler en justes noces, s'aperçoit qu'il n'a personne à qui demander d'être son garçon d'honneur. Ayant toujours priorisé ses relations amoureuses, Peter prend conscience pour la première fois qu'il n'a développé aucune amitié masculine significative. Entre en scène Sydney Fife, viveur aussi sympathique que perspicace qui a tôt fait de faire ressortir chez le futur marié certains aspects refoulés de sa personnalité timorée. Des changements qui ne sont pas sans laisser la fiancée un brin désemparée.

Un confrère états-unien du très respecté Variety reproche à I Love You, Man d'être un succédané des comédies conçues sous la houlette de Judd Apatow (The 40 Year Old Virgin, Superbad, etc.). Un peu court. Les similitudes dans le ton et l'approche sont inévitables dans la mesure où Paul Rudd (The Object of My Affection, Knocked Up) et Jason Segel (Forgetting Sarah Marshall) sont deux figures importantes de ce courant récent. Dans la même phrase, le film est décrit comme «ce genre de comédies où on s'étouffe avec son propre rire». Euh... n'est-ce pas le but de l'exercice? De fait, je riais tellement que certaines blagues m'ont échappé, idem pour mon amie; et tout autour, une assistance hilare. Ça s'essouffle un peu vers la fin, mais le dernier gag prégénérique est aussi l'un des meilleurs du film. Mon principal reproche concerne plutôt les personnages secondaires, savoureux, mais esquissés à gros traits et défendus par d'excellents comédiens qui méritaient mieux.

Entendons-nous: il n'y a là rien de bien subtil, mais les répliques font mouche en plus d'être bien observées. Les gags par effet de répétition fonctionnent particulièrement bien pour Paul Rudd, qui trouve ici une bonne vitrine pour ses talents comiques considérables. Il faut le voir essayer de parler cool! La chimie qu'il partage avec Jason Segel est tangible, ce qui fait en sorte que la complicité qui s'établit rapidement entre leurs personnages sonne juste. Qu'il ne s'agisse pas de deux machos maladroits constitue en outre une surprise agréable. Au contraire, ils sont branchés émotions et dialogue sans être roses pour autant. Enfin, leur amitié est traitée selon les rouages de la comédie romantique: il fallait y penser.

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Collaborateur du Devoir

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J't'aime, mon homme

(I Love You, Man)

Écrit et réalisé par John Hamburg. Avec Paul Rudd, Jason Segel, Rachida Jones, Andy Samberg, Jaime Pressly, Jon Favreau, Sarah Burns, J.K. Simmons, Jane Curtin, Lou Ferrigno. Direction photo: Lawrence Sher. Musique: Theodore Shapiro. Montage: William Kerr. États-Unis. 2009. 102 min.

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