Survol visuel du Festival international du film sur l'art

La nuit est ma chambre noire, l’oeuvre de Michael Flomen, d’André Cornellier, traque le photographe dont la particularité est d’oeuvrer la nuit sans... caméra.
Photo: La nuit est ma chambre noire, l’oeuvre de Michael Flomen, d’André Cornellier, traque le photographe dont la particularité est d’oeuvrer la nuit sans... caméra.

Son carré bleu sur fond blanc est partout, en ce 27e Festival international du film sur l'art. Sur l'affiche, le catalogue, dans la bande-annonce... Les teintes du site Internet semblent même s'en inspirer. Ce carré, que Georges Rousse a peint sur les murs et escalier d'un banal édifice industriel, vous l'aurez sûrement remarqué. C'est que la fête démarre aujourd'hui.

Georges Rousse est l'objet d'un des nombreux documentaires sur les arts visuels. Bending Space: Georges Rousse and the Durham Project s'attarde à ses trompe-l'oeil, peints in situ, sur des lieux souvent désaffectés. À Durham, en Caroline du Nord, l'artiste français a travaillé dans des bâtiments historiques, dont une usine de tabac.

Ce n'est ni le premier ni le dernier film sur Rousse. Le FIFA a ce malin don de brasser les mêmes sujets sans s'épuiser. Cette année, les sculpteurs britanniques Caro, Calder et Kapoor bénéficient de nouveaux regards. Brancusi aussi, que l'on suit dans ses terres natales roumaines, puis Beckmann, dans sa fuite de l'Allemagne nazie.

Télé oblige, le petit écran étant un des seuls débouchés, les portraits ont souvent une facture trop conformiste. Ainsi en est-il du Richard Serra: Man of Steel, pas inintéressant, mais lourd et maniéré, guidé par l'animateur de la BBC, Alan Yentob. Parmi les autres célébrités au programme, notons Cindy Sherman et, côté canadian art, Jeff Wall et le presque centenaire Alex Colville. Ou le film, tout neuf, consacré à General Idea (Art, Aids and The Fin de Siècle), relégué cependant dans l'arrière-cour, section Arts médiatiques. Il est vrai que dans cette grande vitrine à la vidéo, toujours coordonnée par Nicole Gingras, un hommage est rendu au défunt collectif torontois (six oeuvres de son cru).

En documents historiques, se démarque Varian Fry, «passeur d'artistes», consacré à un homme qui sauva les Chagall, Ernst et Breton de la prise nazie. Plus controversé, Je ne suis pas moi-même est une rare enquête sur le marché d'antiquités africaines. M. Cirque du Soleil appréciera-t-il?

La collection, comme sujet, est de nouveau au rendez-vous. Cultivating the Desert nous mène à Dubaï, la nouvelle Mecque de l'art, alors que Tous pour l'art semble être un produit dérivé de l'exposition que le Musée des beaux-arts de Montréal consacrait aux collectionneurs d'ici.

Côté local, mieux vaut, peut-être, Le Colombo de l'art, sur le travail du détective Alain Lacoursière, ou encore, des films sur des artistes. André Cornellier traque le photographe Michael Flomen, dont la particularité est d'oeuvrer la nuit sans... caméra. Sans frontières, de Doina Harap, est un portrait du peintre Peter Krausz. Marie-Hélène Allain en dialogue avec la pierre est de l'Acadien Rodolphe Caron. Celui-ci participera à une table ronde, mardi à la Cinémathèque, portant sur une question essentielle au film d'art et pourtant rarement abordée au FIFA: quel art domine, celui du réalisateur ou celui de l'artiste filmé?

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Collaborateur du Devoir

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