Festival de films sur les droits de la personne de Montréal - Changer le monde, un film à la fois

Deux cinéastes américaines ont décidé de comprendre ce qui agite le Cachemire, cette poudrière coincée entre l’Inde, le Pakistan et la Chine, dans le film Project Kashmir.
Photo: Deux cinéastes américaines ont décidé de comprendre ce qui agite le Cachemire, cette poudrière coincée entre l’Inde, le Pakistan et la Chine, dans le film Project Kashmir.

Plus que quelques jours à parcourir la planète, avec ses mers d'injustice et ses plages d'espoir, grâce au Festival de films sur les droits de la personne de Montréal. L'événement se poursuit jusqu'à dimanche soir et exclusivement au Cinéma du Parc, la bonne adresse pour tous ceux qui croient que le septième art peut changer le monde.

JR, lui, est convaincu que la photographie peut y contribuer, même si l'effort se dilue dans l'intolérance généralisée. Ce photographe de rue s'est lancé dans un projet insensé, démesuré, pour neutraliser ce poison qui n'en finit plus de défigurer le paysage du Moyen-Orient. Faces (le 21 mars à 17h et le 22 à 16h), de Gérard Maximin, nous présente le déroulement de cette aventure: une suite magnifique de portraits plaçant côte à côte des Israéliens et des Palestiniens. Ils exercent le même métier, affichent la même passion ou croient en leur Dieu avec la même ferveur et tout à coup, ils se retrouvent en format géant sur les murs de Jéricho, Tel-Aviv, Jérusalem ou Ramallah. Cette aventure artistique et politique n'est pas de tout repos et le cinéaste en rapporte avec fidélité les aléas, mais aussi les nombreux bienfaits.

Les cinéastes américaines Senain Kheshgi et Geeta V. Patel affichent moins d'ambitions, conscientes que la réalité qu'elles vont explorer risque de les dépasser. La première est d'origine pakistanaise et de confession musulmane et la seconde, indienne et hindoue; ensemble, elles ont décidé de comprendre ce qui agite le Cachemire, cette poudrière coincée entre l'Inde, le Pakistan et la Chine. Leur voyage de sensibilisation dans Project Kashmir (le 21 mars à 15h et le 22 à 18h) n'est pas de tout repos car elles oscillent souvent entre l'émerveillement naïf et la peur sournoise, quand ce ne sont pas leurs petites certitudes qui volent en éclats. Leurs rencontres avec des gens sensibles et éclairés, tristes témoins des affrontements qui divisent la région depuis 1989, ne font qu'ajouter des questions, et bien des malaises. Leur «projet» donne tout de même lieu à quelques tentatives de réconciliation, mais l'enchantement se dissipe vite devant les tensions ethniques et religieuses.

Il y a aussi beaucoup de naïveté chez les personnages de Pour un instant, la liberté (aujourd'hui à 19h et ce printemps en salles), d'Arash T. Riahi. Tous rêvent d'un avenir meilleur en Europe et c'est pourquoi ils ont quitté l'Iran et le Kurdistan. Or, dans un hôtel à Ankara, ils attendent un visa qui, avec le temps, devient leur unique obsession. Pourtant, il faut survivre, à l'ennui, au mal du pays et à la peur, dont celle d'être capturés par la police secrète iranienne, bien installée en Turquie. Un voyage émouvant et captivant dans l'univers des réfugiés, en quête d'un pays mais surtout d'un rêve, pour certains, impossible.

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Collaborateur du Devoir

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- Pour plus de renseignements sur la programmation: www.ffdpm.com ou 514 842-7127.

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