81e soirée des Oscars - Slumdog millionaire au sommet: huit fois primé

Dev Patel (à gauche), acteur principal de Slumdog Millionnaire, et le réalisateur du film, Danny Boyle, expriment leur joie au moment de remporter l’Oscar du meilleur montage, hier, à Los Angeles.
Photo: Agence Reuters Dev Patel (à gauche), acteur principal de Slumdog Millionnaire, et le réalisateur du film, Danny Boyle, expriment leur joie au moment de remporter l’Oscar du meilleur montage, hier, à Los Angeles.

Le triomphe escompté devint le triomphe récolté. La route de Slumdog Millionaire du Britannique Danny Boyle, conte de fée à la sauce Bollywood, tourné en Inde, jalonné d'honneurs, le conduisait hier bel et bien du bidonville au sommet. Il a obtenu la totale: meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario adapté, meilleures images, meilleure musique, meilleur montage, meilleur montage sonore, meilleure chanson pour Jai Ho. Le Tsunami oriental balayait le Kodak Center.

L'Étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher, poulain de tête avec 13 nominations, avait surtout récolté des décorations techniques: meilleure direction artistique, meilleurs maquillages, meilleurs effets visuels. Quant au remarquable Milk de Gus Van Sant (huit nominations) il repartit avec l'Oscar du meilleur scénario original et Sean Penn, extraordinaire dans la peau de l'activiste homosexuel Harvey Milk, a récolté le prix du meilleur acteur. Il laissait sur le carreau Mickey Rourke, lauréat pressenti pour son incarnation de lutteur à bout de souffle dans The Wrestler de Darren Aronofsky. Mais Penn n'avait pas volé non plus sa statuette.

Après son double succès aux Golden Globes, la couverture de Time Magazine, Kate Winslet poursuit son ascension triomphante en remportant, follement émue, l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle d'Allemande ambiguë dans The Reader de Stephen Daldry.

Quant au défunt Heath Ledger, l'inoubliable joker de The Dark Knight de Christopher Nolan, il récolta outre-tombe, avec un hommage ému et une évocation de sa carrière, le laurier du meilleur acteur de soutien, seul moment touchant de la fête. The Dark Knight, le film américain le plus couru de l'année, a remporté aussi l'Oscar du meilleur montage sonore.

La soirée animée par l'acteur australien Hugh Jackman aura été peu enlevante. Ni phrases-chocs, ni décors étonnants, ni numéros éblouissants, même à l'heure de parodier les comédies musicales sous la direction de Baz Luhrmann. Le pari que s'était donné l'Academy de dynamiser la cérémonie pour rapatrier une audience fuyante, a fait chou blanc. Même Jerry Lewis a accepté sa statuette honorifique avec une étonnante sobriété. Restaient les jolies robes et le beau monde...

Penélope Cruz, stupéfiante âme tourmentée du Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen, tourné en partie en espagnol, a brandi la statuette de la meilleure actrice de soutien, devant d'excellentes rivales dont Marisa Tomei dans The Wrestler ainsi qu'Amy Adams et Viola Davis dans Doubt. Penélope Cruz est la première actrice espagnole a rafler la mise, mais son compatriote Javier Bardem, avait obtenu la statuette masculine l'année précédente.

Surprise! Departures du Japonais Yojiro Takita, sur fond de mort pacifiée, (couronné au dernier Festival des films du monde de Montréal), a raflé le prix du meilleur film en langue étrangère à la barbe des favoris: Valse avec Bachir d'Ari Folman et Entre murs de Laurent Cantet.

La Duchesse de Saul Dibb, qui valait vraiment pour ses spectaculaires costumes du XVIIIe siècle, repartait avec la statuette... des meilleurs costumes.

C'est Man on Wire de James Marsh, sur la balade du funambule Philippe Petit, entre les tours du World Trade Center qui a remporté la statuette du meilleur documentaire,

Bien entendu, la sans rivale Wall-E d'Andrew Stanton dans son paysage de fin du monde, a récolté le laurier du meilleur film d'animation, même si elle sècha pour ses sept autres nominations.

La maison en petits cubes de Kunio Kata remportait l'Oscar du meilleur court métrage animé, tandis que Spielzeugland (Toyland) de Jochen Alexander Freydank, drame maternel sur fond d'Holocauste décrochait celui du meilleur court métrage dramatique. Smile Pinki de Megan Mylan était couronné de son côté meilleur court métrage documentaire.

À voir en vidéo