Vroum vroum... pout pout

Transit s’inscrit dans la veine des thrillers «cylindrés».
Photo: Transit s’inscrit dans la veine des thrillers «cylindrés».

Avec Transit, le réalisateur, comédien, scénariste et monteur Christian de la Cortina s'est donné le défi de produire, avec un maigre budget de 150 000 $, un film «qui touche les gens par son aspect humain mais qui, aussi, inclut des éléments d'action et une intrigue dignes d'un bon polar», dixit le cinéaste dans le dossier de presse. Mandat honorable, résultat boiteux.

Transit suit deux lignes narratives. La principale s'intéresse à Santiago, un jeune agent de la Gendarmerie royale du Canada qui a infiltré un gang de voleurs de voitures que dirige le très catholique et très parano Ricardo. L'opération vise à atteindre Don Pepe, parrain de la mafia. L'intrigue se corse par le truchement du second récit, qui met en scène un policier des forces locales, Jean-Pierre, lequel enquête sur Ricardo depuis deux ans et entend bien le coffrer, n'en déplaise à la GRC. Entre en scène Julie, la supérieure de Santiago, qui a pour mandat de court-circuiter le détective trop pugnace.

Un petit budget vient avec toute une série d'impondérables techniques et il serait malhonnête d'en tenir rigueur au film. Dans les circonstances, le réalisateur fait preuve de débrouillardise. Cela étant, un bon scénario n'est pas régi par ce genre d'impératifs, et celui de Transit accuse un nombre inexcusable d'invraisemblances. De fait, ce Santiago doit être l'agent le plus candide qui soit, choqué qu'il est par la brutalité des criminels qui l'entourent. Avec une cible aussi méfiante, trimballer son badge n'est peut-être pas la meilleure des idées. Et que dire de la décision de Ricardo de confier une importante mission à la nouvelle recrue, qui vient pourtant de gaffer? Ricardo accorde beaucoup d'importance au sang italien, mais quand même! Jean-Pierre n'est pas en reste quand il se pointe dans le stationnement d'un repère de mafieux (oui, c'est un bar de danseuses... en soutien-gorge) pour intimider un indic. Un flic d'expérience qui ne pense pas à la possibilité d'une caméra de surveillance? Bref, ça s'accumule et on y croit peu. La direction d'acteurs est également problématique. Et il y a cette musique intrusive...

Transit s'inscrit dans la veine des thrillers «cylindrés» tels The Fast and the Furious et Gone in Sixty Seconds. Ici, Nitro a déjà tenté une percée. Christian de la Cortina s'est manifestement beaucoup investi dans son projet, la récurrence de son nom au générique en fait foi. Accaparé par son souci de construire un bolide rutilant, il en a cependant oublié l'essentiel: le moteur.

***

Collaborateur du Devoir

***

Transit

Réalisation: Christian de la Cortina. Scénario: C. de la Cortina, Hervé Desbois, Frank Baylis. Avec Christian de la Cortina, Luc Morissette, Julie du Page, Emmanuel Auger, Deano Clavet, Hugo St-Cyr, Adam Kosh, Paul Dion, Peter Miller, Danièle Panneton, José de la Cortina père, José de la Cortina fils. Photographie: Jean-Philippe Bernier. Montage: C. de la Cortina, Arnaud Dumas. Musique: Pascalin Charbonneau. Québec, 2008, 110 min.

À voir en vidéo