Transformation du Complexe Ex-Centris - Daniel Langlois s'explique

Daniel Langlois, grand manitou d'Ex-Centris qui a essuyé des salves de tirs médiatiques après son annonce de la reconversion du temple cinématographique en centre multimédia, s'explique dans un long communiqué.

Quelques commentaires l'ont choqué. Certaines voix lui ont reproché d'avoir fermé d'autres salles, L'Élysée en fait, pour créer Ex-Centris, ou plutôt pour agrandir dans un premier temps son entreprise Softimage. «Au moment de leur démolition pour faire place aux installations Softimage en 1994, bien qu'ayant resurgi de leur tombe de temps à autre sans grand succès, les salles du cinéma L'Élysée étaient à toute fin pratique mortes depuis longtemps, affirme-t-il [...] Par contre, tel que je l'ai mentionné au moment de la création d'Ex-Centris, trois ans plus tard, il est certain qu'en tant que cinéphile ayant fréquenté à maintes reprises L'Élysée, la disparition des salles et de ce qu'elles représentaient était un des éléments qui m'ont incité dès le départ à consacrer au cinéma une bonne partie de la programmation des salles d'Ex-Centris. Quant au cinéma Parallèle, il accomplissait de son mieux et depuis longtemps sa mission du cinéma d'auteur, mais il était tout de même à peine capable de survivre et vivotait avec des désirs d'expansion qu'il ne pouvait réaliser. L'intégration du Cinéma Parallèle à Ex-Centris en 1999 lui a permis de survivre et de croître pendant dix ans.»

Daniel Langlois précise que s'il y a une salle de cinéma à protéger et qui doit continuer sa vocation, c'est bien le Parallèle, et on peut espérer qu'il lui donnera un coup de pouce.

Le maître de céans reconnaît que sa décision aura un impact sur la distribution du cinéma d'auteur au Québec, mais se demande comment deux salles de cinéma (il exclut le Parallèle, plus spécialisé et qui devrait se relocaliser) peuvent soutenir à elles seules l'industrie du cinéma indépendant en nos terres. «L'annonce de l'arrêt de la programmation régulière de cinéma à Ex-Centris semble avoir créé un effet de choc, poursuit-il. Cela est peut-être une bonne occasion pour amorcer un débat fondamental sur la diffusion du cinéma d'auteur et indépendant au Québec, qui ne devrait pas reposer uniquement sur deux salles situées à Montréal.»

Daniel Langlois rappelle qu'en 2005, il avait proposé, comme piste de solution, la distribution numérique à travers un réseau indépendant exploité au Québec, en collaboration avec Ex-Centris et avec des technologies développées par Digiscreen. «L'impact de l'annonce de la diversification de la programmation d'Ex-Centris aurait été d'autant plus limité si plusieurs salles diffusaient aujourd'hui à travers un tel réseau une programmation cinéma similaire ou complémentaire à celle d'Ex-Centris.» Cette solution n'avait pas été adoptée par les autres propriétaires de salles indépendantes, qui attendaient les standards numériques imposés par Hollywood.

«Peut-être que les intervenants du milieu sont maintenant plus ouverts à ce type de solution», conclut Daniel Langlois qui invite le milieu à aborder la problématique dans son ensemble et dans un esprit commun.

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