Cinéma - Rêves ou projets pour l'après-Ex-Centris?

La saga entourant l'annonce de la reconversion des salles du fameux complexe Ex-Centris en centre multimédia n'en finit pas de rebondir. Depuis que le propriétaire Daniel Langlois a décrété, la semaine dernière, l'arrêt de la programmation cinéma régulière, à la fin mars (début avril pour Le Parallèle), au grand dam des cinéphiles, tout a été dit et son contraire. Des feux s'allument, étouffés le lendemain.

Hier, des rectifications en provenance d'Ex-Centris, du Festival du nouveau cinéma (FNC) et du Cinéma Parallèle démentaient le papier publié dans La Presse de mardi, concernant la création d'un nouveau complexe de cinéma au centre-ville devant abriter deux salles, dont le Parallèle. Claude Chamberlan, fondateur du cinéma Parallèle et directeur de la programmation au FNC, avait lancé la nouvelle un peu vite, et s'est fait taper sur les doigts.

Claude Chamberlan reconnaît qu'il n'avait pas eu de discussions avec les différents partenaires avant d'annoncer la nouvelle. Les institutions gouvernementales étaient, à la lecture de l'article, tombées des nues. À la SODEC, on déclarait ne pas être au courant des projets évoqués par Claude Chamberlan.

«L'histoire des nouvelles salles, c'est mon projet personnel, poursuivait Claude Chamberlan. Je parlais en mon nom, au nom du cinéma et d'un lieu, que je ne peux dévoiler tout de suite. Je dois les soumettre aux autres partenaires, et ça prend des discussions. Mais je n'ai jamais déclaré que Daniel Langlois était impliqué dans ce futur complexe. Quant au reste, je maintiens ce que j'ai dit. À l'instar d'Obama, j'affirme: Yes, we can! Je lance un message d'espoir!»

Espoir ou pas, au Festival du nouveau cinéma, la bonne humeur n'était point de mise. On répétait hier que pareilles déclarations risquaient de mettre des projets en péril. «Tout le milieu s'agite, cherche des pistes de solution, mais si les institutions ont l'impression que tout est réglé, alors que rien ne l'est, un tel message mine les efforts collectifs, précisait le directeur général du FNC, Nicolas Girard-Deltruc. On ignore encore où se déroulera le prochain FNC. Les salles d'Ex-Centris ne seront peut-être pas équipées pour nous accueillir.»

Caroline Masse, directrice générale du Cinéma Parallèle, affirme qu'elle n'a pas pris de gaieté de coeur la décision de démentir les propos de Claude Chamberlan: «Mais dans les faits, ces informations sont fausses. On n'est en lien avec aucune de ces avenues-là.»

Retour à la case départ, donc. Des discussions vont bon train. Tout un chacun apporte des projets sur la table dans l'espoir de créer des salles, de reloger temporairement le Parallèle, et peut-être le FNC, mais on devra attendre quelques semaines avant de sortir du cirage dans un dossier qui soulève les passions, les détresses et les espoirs de lendemains qui chantent.

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