Juliette Binoche veut passer derrière la caméra

Juliette Binoche au festival de Deauville, en septembre dernier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Juliette Binoche au festival de Deauville, en septembre dernier.

Devenue icône du cinéma français et oscarisée par Hollywood, la comédienne Juliette Binoche, qui embrase ces jours-ci les planches du Théâtre de la Ville à Paris aux côtés du grand chorégraphe Akram Khan, souhaite un jour passer derrière la caméra.

Interviewée par Le Devoir à l'occasion de la venue prochaine à Montréal de son spectacle In-I, cocréé avec Khan, Juliette Binoche a confié qu'après s'être investie à plein dans cette création hybride de danse-théâtre, elle souhaite explorer l'univers de la réalisation cinématographique.

«Ce que j'ai envie de faire, c'est de la réalisation», a confié sans détour depuis Paris l'égérie des Carax et Téchiné, interrogée sur ses projets d'avenir à l'occasion d'une entrevue téléphonique.

L'amoureuse passionnée révélée par L'Insoutenable Légèreté de l'être (1988) de Philip Kaufman, puis par Les Amants du Pont-Neuf (1991) de Leos Carax, dit avoir beaucoup appris de cette expérience de création intensive qui s'est étendue sur près de deux ans.

«Cela a changé mon axe, mon envie de raconter les histoires. [Dans ce projet] j'avais un point de vue. Je vais réaliser à un moment donné. Je ne sais pas quand. Quand j'aurai le temps!», a soutenu la comédienne, qui présentera dès le 6 janvier In-I en première nord-américaine à Montréal.

Très attendu, ce duo de choc sera à coup sûr le temps fort de la saison de Danse Danse, qui a réussi à inclure Montréal dans la tournée internationale du tandem Binoche-Khan. Après Londres, Bruxelles, Luxembourg, Rome et Paris, les deux artistes s'arrêteront à Montréal pour 10 représentations, avant de s'envoler pour Abou Dhabi, Sydney, Hong Kong, Tokyo, Séoul, Shanghai et Pékin.

En 2006, Danse Danse avait déjà accueilli le danseur et chorégraphe britannique avec sa création Ma. Applaudi pour son style audacieux mêlant le kathak traditionnel indien à la danse contemporaine, Khan s'est hissé ces dernières années parmi les chefs de file de la danse actuelle.

Après la tournée d'In-I, un spectacle qui traite de la rencontre de la découverte de l'autre pour mieux se connaître soi-même, Juliette Binoche s'attaquera au tournage de Copie conforme, du cinéaste iranien Abbas Kiarostami.

En marge d'In-I, la Cinémathèque québécoise présentera d'ailleurs, dès le 7 janvier, une rétrospective des films qui ont marqué les 25 ans de carrière de la comédienne, dont Trois couleurs: bleu de Krzysztof Kieslovski, Rendez-vous d'André Téchiné, ainsi que Les Amants du Pont-Neuf et Mauvais sang de Leos Carax.

Cette rétrospective sera accompagnée de l'exposition In-Eyes, une série de 68 encres sur papier réalisées par Juliette Binoche, complétée par une série de 34 de ses poèmes. La comédienne, qui a toujours peint, dévoile ainsi sa vision toute personnelle des 34 réalisateurs avec qui elle a travaillé, doublée de 24 autoportraits de personnages interprétés au cours de sa carrière.

À voir en vidéo