Postes supprimés à l'ONF

Amertume et grincements de dents dans les coulisses de l'Office national du film (ONF). La restructuration et les suppressions de postes, liées à l'allégement des structures de production, annoncées par la nouvelle directrice du Programme français à l'ONF, Monique Simard, en piste depuis trois mois, ne font pas que des heureux.

Au Studio du Québec, chargé de la production du documentaire, le producteur Yves Bisaillon, employé par l'ONF depuis 11 ans, perd son poste. D'autres aussi. Johanne Bergeron, Christian Medawar, Patricia Bergeron sont touchés, tout comme Jocelyne Perrier, Martin Dubé, Denise Deslauriers, Nathalie Cloutier... des emplois liés à la production, à l'administration, à la coordination, à l'accueil au Studio du Québec. Neuf personnes sont affectées, dont certaines partiraient à la retraite.

«Depuis deux ans, il y avait quatre producteurs au Studio du Québec, précise Monique Simard. Ils ne seront plus que deux, comme autrefois, et les producteurs affectés peuvent postuler aux nouveaux postes.»

Mais certains estiment que leurs candidatures seraient plutôt mal accueillies...

Un article paru dans Qui fait quoi, vendredi dernier, se demandant si le but de l'opération était de placer des juniors pour assurer un meilleur contrôle de la direction des programmes sur la production, fait bondir la directrice du Programme français. «Seul Yves Bisaillon était un producteur senior, déclare-t-elle. Et les postes ouverts réclament des candidats d'expérience.»

Sans compressions budgétaires mais aussi sans argent neuf, la directrice du Programme français précise n'avoir pas agi de gaieté de coeur, mais ajoute qu'il aurait été impossible de mettre plus d'argent dans la production sans alléger la structure d'encadrement. «On a un budget de 10 millions de dollars, dont les frais fixes sont de 50 %. On veut les abaisser à un tiers.»

Monique Simard entend rouvrir le programme de cinéastes en résidence, avec deux réalisateurs. Elle souhaite aussi que le tout fonctionne avec des projets qu'elle finance ou des coproductions majoritaires, afin de conserver son esprit et les coudées franches sur les films.

Mais tout cela ne se fait pas dans l'allégresse, et Monique Simard admet s'être fait quelques ennemis...

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