Présents au FNC

Les Plages d'Agnès

Dans la lignée du film Les Glaneurs et la Glaneuse mais en plus intime, la grande cinéaste française Agnès Varda, désormais octogénaire, livre ici une autobiographie d'une grâce et d'une poésie folles, où films et souvenirs se nourrissent. Les époques et l'histoire du cinéma dansent avec son âme avec une finesse généreuse qui étreint.

Papa à la chasse aux lagopèdes

Un des meilleurs films du Montréalais Robert Morin. Ce mariage d'une critique du capitalisme et du destin mi-rêvé, mi-vécu d'un homme d'affaires escroc en fuite est livré à travers un mélange de tons brillamment dosé, où triomphe l'amour paternel. On s'incline devant cette remarquable interprétation de François Papineau.

Lost Song

Primé au dernier Festival de Toronto, Lost Song, du cinéaste acadien Rodrigue Jean, est une oeuvre admirable, portée par ses silences, son infinie tristesse sur fond de nature exaltée. La dépression post-partum d'une femme artiste (éblouissante Suzie Leblanc) devient ce blues poignant dont la maîtrise renverse.

Four Nights with Anna

Du vétéran polonais Jerzy Skolimowski, une oeuvre sombre, tragique et puissante. À travers un personnage d'homme voyeur, torturé par la culpabilité et l'amour dans un village polonais, les gestes, les postures, les cadrages parfaits prennent le relais des mots pour une exploration hantée de l'obsession humaine.

Il Divo

Paolo Sorrentino retrace avec des torrents d'humour et une mise en scène aux effets théâtraux brillamment calculés, la vie du haut représentant de la droite chrétienne en Italie, Giulio Andreotti, dans cet exercice de style très chic, Prix du jury à Cannes cette année.

Synecdoche, New York

Le scénariste de Being John Malkovich passe à la réalisation avec ce délirant et kafkaïen exercice sur la création et la mort, sorte de puzzle schizophrène sur un dramaturge entre réalité et fiction (Philip Seymour Hoffman), à 50 % improvisé, à 100 % passionnant.

Adoration

Atom Egoyan (The Sweet Hereafter) raconte dans ce film modeste, intime et sincère la (dé)construction identitaire d'un adolescent torontois à travers une histoire d'attentat islamiste avorté et d'un jeu de masques dans Internet. Le film, qui fleure par moments l'exposé, possède néanmoins le goût agréable des Egoyan du début (Family Viewing).

Les Trois Singes

On reconnaît immédiatement l'empreinte de Nuri Bilge Ceylan (Uzak) dans les images composées avec un rigoureux sens pictural, les climats chauffés au jaune et vert, les silences lourds de sens et les coeurs au frigo de ce film d'une beauté visuelle à couper le souffle, couronné du prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.

Séraphine

Peu de gens connaissent l'oeuvre picturale de Séraphine de Senlis: ce secret ne restera pas confidentiel très longtemps. Le cinéaste français Martin Provost illustre, par touches délicates, la vie laborieuse de cette modeste femme de ménage consumée par sa peinture et soutenue par un collectionneur allemand. Yolande Moreau dévoile ici une autre couleur de sa formidable palette d'actrice.

Acné

Un autre portrait d'adolescent aveuglé par la testostérone et complexé par ses boutons d'acné. La formule a été éprouvée à maintes reprises, mais la tendresse du regard, la spontanéité des interprètes et le caractère parfois joliment scabreux de certaines situations donnent du piquant à ce récit bien latino sur un garçon faisant tout pour devenir un homme.



Of Time and the City

Avec sa voix caverneuse et une sensibilité à fleur de peau, le cinéaste britannique Terence Davies effectue ici un double retour: au cinéma après huit ans d'absence (The House of Mirth) et dans sa ville natale (Liverpool). Le berceau des Beatles devient le territoire de cet autre illustre natif d'une ville en déclin. Son rapport amour-haine nourrit la beauté rugueuse de ce portrait toujours envoûtant, jamais bêtement touristique.

Rachel Getting Married

Avec une caméra fouineuse et fébrile, le réalisateur de The Silence of the Lambs égratigne cette fois les mythes de la jolie famille américaine. Dans Rachel Getting Married, le retour d'une toxicomane en rémission (surprenante Anne Hathaway) pour le mariage de sa soeur devient une radiographie étonnante du temps présent, ponctuée de performances musicales, une passion de ce grand copain de Neil Young, de Bruce Springsteen et de David Byrne.