Cinéma - Magnifico coupe la poire

Ce sera bientôt l'heure des ventes trottoir, et que serait celle du boulevard Saint-Laurent sans la transformation d'Ex-Centris en cinéparc? Hier midi, son directeur, Claude Chamberlan, dévoilait la programmation de Magnifico, minifestival estival qui sera entièrement gratuit pour la première fois et se déploiera sur quatre lieux en cinq jours, soit du 12 au 16 juin.

Par le passé, Magnifico — événement modeste en regard du Festival du nouveau cinéma, à l'automne — offrait à l'extérieur ses projections gratuites et faisait à l'intérieur payer le client à qui il offrait, en avant-première, la primeur des films qui allaient composer sa programmation d'été.


Cette année, la formule change. D'une part, l'événement se déroulera pour l'essentiel à l'extérieur. Une poignée des longs métrages qui ont fait les belles heures de ses salles au cours de la dernière année (101 Reykjavik, Un crabe dans la tête, Y tu mamá también et Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain) seront en effet projetés sur l'écran Le Prince, situé dans le stationnement juste en face de la maison Ex-Centris. À l'intérieur, et en parallèle à Magnifico, Ex-Centris donnera le coup d'envoi de sa programmation estivale: «Cette année, je voulais que tout soit gratuit», affirmait hier Claude Chamberlan, directeur de l'événement, pour justifier l'apparente dissociation d'Ex-Centris et de Magnifico ainsi que la soustraction du programme de celui-ci des primeurs (au nombre de huit l'an dernier) qui faisaient son principal attrait.


Pour toutes primeurs, on nous promettait hier la projection gratuite à l'intérieur de deux films-surprises, lesquels seront vraisemblablement issus de la récente cueillette cannoise des distributeurs Films Séville et Film Tonic. Des réponses évasives à mes questions indiscrètes me forcent à supposer qu'une de ces deux primeurs pourrait fort bien être le premier long métrage de la Française Delphine Gleize, Carnages, une sorte de cadavre exquis suivant le cheminement d'un boeuf démembré dans les assiettes de France. Chiara Mastroianni partage avec le boeuf la vedette de ce film qui, Magnifico ou pas, devrait prendre l'affiche à Ex-Centris quelque part cet été.


Au delà des suppositions, Magnifico compte encore, comme à son habitude, sur les initiatives inusitées de bouzouks allumés. À commencer par le collectif de cinéastes de Kino qui, le 14 juin (19h, 21h et 23h), projettera sur un écran géant disposé aux abords du bain Schubert un programme de courts métrages réalisés par ses membres. Les cinéphiles en maillot de bain pourront regarder les films depuis la piscine; aux autres, installés sur la terrasse, on promet une vue discrète sur ce drôle de paysage.


D'autres courts métrages seront projetés dans la cour d'Ex-Centris, à l'initiative des programmateurs du Cinéma Parallèle, Caroline Masse et Claude Chamberlan, qui ont rassemblé pour cette édition spéciale de «Fenêtre sur courts» leurs coups de coeur de la dernière cuvée (Mer noire, de Martine Chartrand, et Flores, de Carlos Ferrand). Ce programme de sept films, présenté le 15 juin, comporte également une primeur montréalaise (Mélancolique In Chicoutimi, de Stephen Shellenberger).


Enfin, le Tokyo Bar, à l'angle de la rue Guilbault, ouvrira son chapiteau à la projection, en avant-première et sur invitation, de Scratch (13 juin, 21h30), documentaire sur l'histoire des DJ hip-hop qui évoluent dans l'ombre ou dans l'orbite des rappeurs. Le film réalisé par l'Américain Doug Pray prendra ensuite l'affiche du Cinéma Parallèle, le 14 juin. Quels autres films prendront l'affiche le même jour à Ex-Centris? Il semble que cette année, ce ne soit pas l'affaire de Magnifico.