Robert Downey Jr. de retour en pleine lumière

Paramount Pictures
Un rôle improbable pour Robert Downey Jr., mais l’acteur relève le défi avec talent.
Photo: Paramount Pictures Un rôle improbable pour Robert Downey Jr., mais l’acteur relève le défi avec talent.

Quiconque a mis les pieds dans un cinéma au cours des vingt dernières années connaît, ne serait-ce que de vue, Robert Downey Jr. Le doué, et jadis troublé, comédien a prêté ses talents considérables à une variété de films allant du pire (Gothika) au meilleur (Short Cuts, Restauration, Wonder Boys, Zodiac). Entre les deux, des expérimentations inégales mais intéressantes (Natural Born Killers, A Scanner Darkly, In Dreams), plusieurs bons films (Richard III, The Gingerbread Man).

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Iron Man
Réalisation: Jon Favreau. Scénario: Mark Fergus, Hawk Osby,Art Marcum et Matt Holloway.
Avec Robert Downey Jr., Jeff Bridges,
Gwineth Paltrow, Terrence Howard, Shaun Toub, Faran Tahir, Clark Gregg. 125 min.
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Peu de premiers rôles. Certes, il y a eu Chaplin, de sir Richard Attenborough, pour lequel il a reçu une nomination aux Oscars. Fort bien. Pour beaucoup de cinéphiles, dont votre serviteur, un film mettant de nouveau à l'avant-plan Downey Jr. semblait cependant une nécessité. Si Iron Man vient exaucer ce souhait et offre au comédien d'expérience les commandes d'une franchise de choix dans l'univers déjà surpeuplé des superhéros, le genre choisi n'est pas celui auquel on serait d'emblée tenté d'associer l'acteur. Or, non seulement Downey Jr. est-il à la hauteur, mais il s'envole (littéralement) avec le film.

Pour qui veut savoir, Downey Jr. y est Tony Stark, homme du monde, homme à femmes... et le plus grand inventeur et vendeur d'armes que la terre ait connu. Après une épiphanie forcée dans les grottes de l'Afghanistan, Stark rentre au pays et décide de faire le bien, au grand désarroi de son associé Obadiah Stane (Jeff Bridges, fourbe à souhait), de son pote Jim (Terrence Howard, un peu fade) et de sa ravissante assistante Pepper Potts (Gwineth Paltrow, vive).

Ce résumé est sans doute inutile, puisque les nombreux fans de la bande dessinée ayant inspiré le film iront le voir de toute façon, à l'instar des hordes de spectateurs friands de grosses productions hollywoodiennes. Ceux-là n'ont que faire d'un sommaire de l'intrigue. Pour les autres, les cinéphiles curieux qui se grattent encore la tête en se demandant comment diable Robert Downey Jr. s'est retrouvé dans ce projet, ledit résumé ne saurait être d'un grand secours, surtout qu'il s'agit de la seule réelle faiblesse de l'entreprise, encore que le film soit une réussite. Hors de tout doute.

Le réalisateur et comédien Jon Favreau (Zathura) propose une approche raffinée et intelligente du matériel, à l'image du personnage de Stark. Directions photo et artistique créent un environnement lisse et racé, très luxueux, que viennent judicieusement contrebalancer les scènes d'Afghanistan, celles-là chaudes et rêches.

Pour le reste, la vedette est «lâchée lousse». Ainsi, ce qui, entre des mains moins inspirées, aurait pu être une énième resucée de la sempiternelle confrontation entre le Bien et le Mal, devient une très divertissante aventure pimentée de dialogues spirituels, le plus souvent réservés à Downey Jr. et à Paltrow. Les deux comédiens partagent en outre une chimie manifeste et leur relation est l'un des aspects les plus intéressants d'Iron Man. Surtout que le premier a ce don rare de livrer une ligne avec cet air dégagé, mais indubitablement ironique, qui établit aussitôt la perspicacité de son personnage (ou du comédien derrière celui-ci). George Sanders avait ce don.

Pas de nomination cette fois, mais un premier blockbuster. C'est à peu près tout ce qui manquait au tableau de chasse de Robert Downey Jr.

Collaborateur du Devoir

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