À voir à la télévision le vendredi 13 décembre - Les filles de l'air

Samira Makhmalbaf n'avait que 17 ans lorsqu'elle réalisa son premier long métrage, La Pomme, qui fut présenté en sélection officielle au Festival de Cannes en 1998. Fille du cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf, la jeune femme a grandi au milieu des équipes de cinéma.

Son père fut d'ailleurs monteur et scénariste sur La Pomme. Le film ressemble beaucoup aux oeuvres de Mohsen, à la limite du documentaire et de la fiction. La Pomme, adapté d'un fait vécu et joué par les véritables protagonistes de cette affaire, raconte avec sensibilité l'histoire de jumelles de 11 ans à Téhéran, enfermées chez elles par leur père et n'ayant jamais eu le droit de sortir de la maison . Des voisins alarmés avaient exercé des pressions pour qu'elles puissent sortir.

La Pomme montre de façon touchante leur apprentissage de la liberté. Marcher dans la rue, jouer avec d'autres enfants, aller au boui-boui du coin constituent autant de sources de découvertes et d'émerveillement. Ce sont donc ces vraies petites séquestrées (Massoumeh et Zahra Naderi) de même que les parents, les voisins et les enfants de la rue qui reprennent leur histoire pour les besoins de cette caméra vérité. Tous le font avec un naturel poignant témoignant de la confiance que leur a inspirée l'équipe. L'ignorance et la bêtise des parents sont les grandes responsables de cette réclusion, et le film rend bien la dimension sociale de la tragédie domestique. Toutefois, le talent propre de Samira, même à travers son film suivant, Le Tableau noir, n'est pas encore parvenu à se différencier vraiment de celui de son père.

La Pomme

Télé-Québec, 23h