Léo Bonneville - Le fondateur de Séquences s'éteint

Fin et générique. Léo Bonneville, respecté fondateur et longtemps directeur de la revue de cinéma Séquences, est décédé samedi à l'âge de 87 ans. Atteint de fibrose, il était hospitalisé depuis cinq semaines.

Membre de la communauté des clercs de Saint-Viateur, professeur, M. Bonneville a étudié la filmologie à Paris avant de revenir au Québec fonder et animer les premiers ciné-clubs étudiants de la province —une idée de Jeunesse étudiante catholique. Ce fut en quelque sorte le début de l'aventure de la cinéphilie québécoise, qui se développa plus en avant avec la création en 1955 de la revue Séquences. «Une petite revue très modeste, faite de feuilles volantes ronéotypées, qui s'adressait aux dirigeants des ciné-clubs», décrivait son fondateur dans une entrevue, il y a quelques années.

Elle grandira vite. En 1958, Séquences laisse ses feuilles pour devenir une revue professionnelle imprimée et brochée. Douze ans plus tard, elle obtient son indépendance du Centre diocésain du cinéma (qui devient l'Office des communications sociales de Montréal).

Léo Bonneville est resté directeur de Séquences jusqu'en 1994: il a légué 156 éditoriaux, 122 interviews, 177 articles divers et 319 critiques étoffées de films, selon ses propres calculs. Et tout religieux qu'il était, il n'a jamais accolé de cotes morales aux films dans sa revue: une question de principe et de foi dans le septième art.

Après sa retraite de Séquences, M. Bonneville a notamment publié Soixante ans au service du cinéma et de l'audiovisuel (Fides, 1998), tout en accordant beaucoup de temps à ses passions: opéra, musique classique, peinture... et cinéma, bien sûr. Sa dépouille sera exposée aujourd'hui à 14h, à la maison paroissiale des clercs de Saint-Viateur, à Outremont. Les funérailles auront lieu demain matin.