Un luxueux thriller à numéros

La palme de la ringardise revient au plus grand acteur du film, Giovanni Ribisi, meilleur ami de l’héroïne (Halle Berry) pour laquelle il soupire en silence...
Photo: La palme de la ringardise revient au plus grand acteur du film, Giovanni Ribisi, meilleur ami de l’héroïne (Halle Berry) pour laquelle il soupire en silence...

Pas facile de surprendre les spectateurs quand on emprunte les sentiers battus par d'autres. Et si James Foley échoue à l'examen, ce n'est pas faute d'avoir essayé. Après avoir été perçu comme un cinéaste prometteur (Glengarry Glen Ross) au début des années 90, Foley s'est rabattu sur son statut de faiseur habile (The Chamber, Confidence). Un statut qu'il met aujourd'hui au service de Perfect Stranger, un luxueux thriller à numéros opposant une journaliste d'enquête (Halle Berry) en rupture avec son journal et un publicitaire milliardaire (Bruce Willis) dont elle vise la chute après qu'il eut supposément causé la mort d'une amie avec qui il clavardait supposément en ligne.

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Perfect Stranger
(Parfait inconnu)
De James Foley. Avec Halle Berry, Bruce Willis, Giovanni Ribisi, Richard Portnow. Scénario: Todd Komarnicki. Image: Anastas M. Michos. Montage: Christopher Tellefsen. Musique: Antonio Pinto. États-Unis, 2007, 109 minutes.
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Ça fait beaucoup de suppositions, j'en conviens. James Foley aurait dû en faire autant et resserrer, nuancer son intrigue (l'héroïne espionne, le vilain incognito depuis l'intérieur de son entreprise) plutôt que de jongler avec des possibilités aléatoires et des avenues alternatives. Malgré une mise en scène étonnamment sobre, qui pour sculpter son atmosphère se rabat sur des décors insolites et des gros plans, Perfect Stranger rappelle, à plusieurs égards, ces thrillers à la gomme des années 80 dans lesquels, enivrée par le parfum du danger, la brebis se laissait caresser par les griffes du loup avant de bêler 911.

Au-delà de retournements mécaniques censés masquer cette parenté et déjouer nos attentes, Perfect Stranger ne propose rien de bien différent. Sinon que la valse du chat et de la souris dure un peu plus longtemps que prévu, et que les hypothèses à la Agatha Christie, bien implantées au bon moment dans le récit, s'emmêlent au dernier acte.

La palme de la ringardise revient au plus grand acteur du film: Giovanni Ribisi. Meilleur ami de l'héroïne pour laquelle il soupire en silence, informaticien de génie capable d'enjamber les coupe-feu les mieux protégés, il est à la fois, tout au long du récit, le preux chevalier et le suspect numéro un. Pour tout dire, il est essentiel et négligeable, parasite la lecture et donne la bonne température. Sans lui, il n'y aurait pas de film. Sans lui, paradoxalement, Perfect Stranger nous aurait peut-être menés en terrain inconnu.

Collaborateur du Devoir

* V.o.: Paramount, Coliseum Kirkland, Cavendish, Côte-des-Neiges, Lacordaire, Des Sources, Spheretech, Marché Central.

* V.f.: Quartier latin, Place LaSalle, StarCité, Carrefour Angrignon, Paradis, Langelier, Marché Central.

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