Documentaire - Le meilleur film de François Gourd

Il y eut d'abord au Lion d'Or la soirée-cabaret Hommage à la masturbation, une sorte de happening avec performances et incitation finale à la masturbation débridée.

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Masturbation libre, le manifeste
Réalisation: François Gourd et Miguel Medina.
Images: Jacques Leduc, Ève Lamont, Jean-Pierre St-Louis, Bernard Bouchard. Montage: Miguel Medina. À Ex-Centris, les 9 et 10 avril.
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À partir du spectacle, d'entretiens avec les comédiens participants, d'extraits de films aussi — Amarcord, American Beauty, etc. —, et d'inquiétantes lectures des traitements réservés jadis aux masturbateurs par les corps médicaux, le film tient son thème bien en main, pour ainsi dire.

Au cinéma, on devait déjà au «foulosophe» François Gourd L'Avis d'un fou, remontant son parcours personnel, Le Village de l'île perdue et La Pharmacie de l'espoir, sur une expérience d'improvisation théâtrale assez confuse.

Masturbation libre, qui célèbre l'onanisme joyeux, possède le mérite de se concentrer sur un thème précis, ce qui lui donne une force de frappe. Et malgré ce que le titre peut sembler indiquer, le spectacle est assez fin, créatif, amusant et pas vulgaire. Par ailleurs, des cinéastes et directeurs photo éprouvés ont capté les images, qui sont souvent belles.

Le montage se tient, alors que dans ses films précédents, c'était plus confus. Sans prétendre au statut de grand documentaire, et finissant quand même par tourner en rond, Masturbation libre, le manifeste est sans doute le meilleur film de François Gourd.