Entente AQTIS-AIEST - Sept gros tournages pourraient revenir à Montréal

Tout n'est pas perdu pour Montréal en matière de productions étrangères. Les grands studios hollywoodiens ont bien compris le message du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ): le conflit syndical qui leur barrait la route est résolu. Sept des douze tournages perdus par Montréal à cause du litige pourraient bientôt remettre le cap sur Montréal.

Avec l'entente qui a mis fin, jeudi dernier, à plus d'un an de conflit entre deux syndicats de techniciens, le commissaire national du BCTQ, Hans Fraikin, rentre très confiant de sa semaine à Los Angeles, où il a tenté de convaincre les producteurs de revenir tourner dans la métropole. Il a bon espoir de ramener des films comme Mummy 3, The Curious Case of Benjamin Button avec Brad Pitt et Get Smart de Peter Segal.

«Le meeting a commencé avec beaucoup de scepticisme; ils ont voulu passer l'entente au peigne fin, mais après une heure, tous ont dit qu'il y avait de bonnes chances qu'ils amènent un projet d'ici la fin de l'année à Montréal», a indiqué au Devoir M. Fraikin. «Je dirais qu'on a passé la barrière des 90 %» de chances de récupérer les tournages, a-t-il ajouté en promettant un dénouement et une annonce en ce sens dans les prochaines semaines.

En plus des films Mummy 3 et The Curious Case of Benjamin Button, une partie du film Get Smart, adaptation cinématographique de la très populaire série télévisée américaine des années 60, pourrait ainsi être tournée dans la métropole. Le climat syndical instable avait poussé l'équipe de Warner Brothers à refaire son repérage à Bucarest. Ces activités rapporteraient quelque 20 millions à Montréal, sur les 100 millions de l'ensemble de la production. Celle-ci mettra notamment en vedette Ken Davitian — le truculent Azamat du film Borat — selon le Hollywood Reporter.

Au total, M. Fraikin estime que les sept productions retrouvées renfloueront les caisses du milieu cinématographique montréalais de quelque 140 millions. Le conflit syndical aurait fait perdre environ 260 millions de retombées économiques à la métropole.

Depuis près d'un an et demi, l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS) et l'Alliance internationale des employés de scène et de théâtre (AIEST) se disputaient l'accréditation des techniciens embauchés dans les productions étrangères. Le premier syndicat, implanté au Québec depuis longtemps, bénéficie du privilège d'accréditer 20 des 80 postes de technicien existants, en vertu de la Loi sur le statut de l'artiste. Le second, bien installé aux États-Unis et au Canada, réclame sa part du gâteau québécois depuis 2005, surtout pour les productions américaines.

L'entente temporaire entérinée par les membres de l'AQTIS et par l'exécutif de l'AIEST avant le week-end fixe l'attribution des accréditations pour les sept productions concernées, tout en respectant les ententes collectives de l'AQTIS. Par exemple, cette dernière accrédite les techniciens embauchés pour le tournage déjà amorcé de Deadzone, tandis que les films des majors comme Mummy 3 et Get Smart iraient à l'AIEST.

Le groupe de travail mandaté par Québec pour régler le conflit poursuit les négociations avec les deux syndicats afin de trouver des solutions plus permanentes au litige.

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