Cinéma - Dernier round de négociation entre acteurs anglophones et producteurs

C'est aujourd'hui que doit se terminer à Toronto la négociation entre les associations de producteurs canadiens et les acteurs anglophones membres de l'ACTRA (syndicat d'acteurs anglophones), dont la convention de travail arrive à son terme. Les pommes de discorde sont importantes, et les enjeux, capitaux.

Faute d'une entente entre les parties, la manne des tournages étrangers, surtout américains, se tarirait à Montréal et à Toronto (Vancouver est régi par une entente parallèle).

«En 2006, on n'était pas loin de retombées de 200 millions de recettes de tournages étrangers à Montréal, explique Hans Fraikin, commissaire au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. On pourrait en perdre la moitié en 2007 si le conflit perdurait. Déjà, un tournage prévu au printemps a été annulé. On a bon espoir de le récupérer dans le cas d'une entente. La paix industrielle est très importante pour les producteurs étrangers. Les risques de grève les font fuir.»

Après des années de vaches grasses, la multiplication de petites productions aux budgets limités a drainé moins d'argent sur les plateaux. Les Associations de producteurs, CFTPA (l'union canadienne) et l'APFTQ (sa contrepartie québécoise) avaient au départ proposé aux acteurs membres de l'ACTRA une baisse de salaire de 25 %, ce qui a bien évidemment déchaîné le courroux de ces derniers. Depuis, des propositions plus acceptables seraient sur la table.

Vendredi dernier, au bord de l'impasse, les membres de l'ACTRA ont voté à 97,6 % en faveur d'une grève. Selon Daniel Bissonnette, commissaire au Bureau du cinéma de Montréal, ce résultat massif constitue avant tout une mesure de pression. Le syndicat montre les dents en poussant les producteurs à régler la situation, sinon... Comme la plupart des observateurs, Daniel Bissonnette estime toutefois qu'aucune des parties n'a intérêt à rompre la négociation.

À l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec, on assure que les deux parties mettent de l'eau dans leur vin et que les discussions vont bon train.