Cinéma - Rabaska, le film

Québec — Les réalisateurs Magnus Isacsson et Martin Duckworth préparent un documentaire sur le projet de terminal méthanier de Rabaska à Lévis. Produit par l'Office national du film (ONF), le film s'intitule À la croisée des chemins.

«C'est un film sur la politique énergétique du Québec, et on a choisi Rabaska comme étude de cas», a signalé cette semaine au Devoir M. Isacsson qui a déjà réalisé des films sur le projet hydro-électrique de Grande-Baleine (Tension), le mouvement anti-mondialisation (Vue du Sommet) et la syndicalisation des employés de McDonald (Un syndicat avec ça?).

Le tournage de ce nouveau documentaire, entièrement produit par l'ONF, a débuté, il y a deux ans, dans le contexte du débat sur le Suroît. M. Isacsson compte tourner jusqu'à ce qu'une décision soit rendue quant à l'établissement du terminal méthanier à Lévis, vraisemblablement d'ici à l'été.

Le réalisateur tournait cette semaine des images à l'occasion d'une visite du site où projette de s'installer Rabaska, dans la zone est de Lévis. Organisée par le promoteur à la demande du BAPE, la visite avait attiré une cinquantaine de personnes (journalistes, personnel du BAPE et du promoteur compris).

La première partie des audiences du BAPE dans le dossier Rabaska a pris fin vendredi. La deuxième, qui sera consacrée à la présentation et au dépôt des mémoires, doit débuter le 22 janvier.

Politique énergétique et terminaux méthaniers

Le territoire québécois est actuellement ciblé par trois projets de terminaux méthaniers: à Lévis, La Baie et Gros-Cacouna. Les audiences du BAPE dans le dossier Rabaska suivent d'ailleurs de près celles effectuées à Gros-Cacouna, où Petro-Canada et TransCanada PipeLines Limited souhaitent implanter un terminal méthanier destiné à l'importation de gaz naturel en provenance de Russie.

Dans le rapport du BAPE de Gros-Cacouna rendu public cette semaine, les commissaires concluent que «le projet n'est pas susceptible de causer des effets environnementaux négatifs importants» à condition que certaines mesures d'atténuation et ajustements soient mis en oeuvre par le promoteur.

Ils soulignent en outre que le gazoduc de 240 kilomètres qui doit relier le terminal au marché nord-américain n'a pas pu être examiné dans le cadre des audiences et qu'il devra être évalué avant que le projet dans son ensemble ne soit autorisé.

Interrogée sur ce rapport, la porte-parole de Rabaska, Stéphanie Trudeau a insisté sur les lacunes dans le projet de Gros-Cacouna. «Nous sommes contents qu'ils [le BAPE] aient souligné clairement que le projet aurait dû être présenté dans son ensemble et aurait dû inclure un gazoduc.»

Bref, a-t-elle poursuivi, le projet de Gros-Cacouna n'est peut-être pas près de se réaliser. «Le BAPE recommande d'attendre que l'évaluation environnementale de l'ensemble du tracé [du gazoduc] soit faite avant que l'autorisation de construire ne soit donnée. Et comme l'a fait remarquer un représentant du Ministère des Ressources Naturelles [lors des audiences], cela pourrait prendre jusqu'à trois ans. Donc, si le ministre suit les recommandations du BAPE, Cacouna n'aurait pas d'autorisation à court et moyen terme.»

Collaboratrice du Devoir

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