Québec Gold, petite mine d'or cinématographique

Une scène d’Après tout, du réalisateur Alexis Gauthier-Fortier.
Photo: Une scène d’Après tout, du réalisateur Alexis Gauthier-Fortier.

Sans domicile fixe et fier de l'être, le Resfest a des antennes dans une quarantaine de pays qui s'arrachent les faveurs du petit festival itinérant alliant courts métrages, vidéoclips et films d'animation. L'an dernier, Montréal avait réussi à attirer le rendez-vous des cinéastes de la relève dans son giron. Le revoilà en ville pour trois jours de cinéma échevelé avec, dans sa besace, une nouvelle compétition 100 % québécoise.

Baptisée Québec Gold, l'innovation a des allures de victoire pour la relève d'ici qui se sentait un peu à l'étroit dans le programme CanCon réservé aux réalisateurs canadiens. Avec Québec Gold, non seulement le Québec peut-il marquer sa différence mais il élargit ses horizons, estime le programmateur de la compétition, Danny Lennon. «On a trop de bon stock au Canada, surtout en vidéoclip où il faut faire des choix déchirants. Avec Québec Gold, on élargit notre diffusion.» Pour sa première mouture, le volet québécois a reçu 200 candidatures parmi lesquelles ont été retenus les 12 courts métrages qui seront présentés dimanche à Ex-Centris. Les oeuvres choisies seront jugées par un jury québécois formé de l'auteur et scénariste des Bougon François Avard, du musicien et créateur électrovisuel DJ Ram, de la comédienne Anne-Marie Cadieux ainsi que des réalisateurs Stéphane Lapointe (La Vie secrète des gens heureux) et Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.).

À première vue, cette programmation ne manque pas de gueule et s'inscrit dans la plus pure tradition du Resfest, le Res (prononcez Rèz) pour les initiés. Fondé à New York en 1996, le Resfest est considéré comme le baromètre des milieux branchés de l'image. À Montréal, il apporte un véritable vent de fraîcheur, estime Danny Lennon. «Res, c'est un heureux mélange entre la musique, le vidéoclip et le film. À Montréal, rien ne ressemble à Res, sinon peut-être Prends ça court!, et encore.»

Danny Lennon sait de quoi il parle. C'est lui qui dirige la bien connue série Prends ça court! qui présente les meilleurs courts métrages de la planète à Montréal. Pour lui, les deux formules sont complémentaires, même si 80 % des films présentés à Res se retrouveront à Prends ça court!. «Res, c'est un happening qui rassemble la famille cinématographique pour trois jours de création intense, Prends ça court! assure la diffusion des oeuvres le reste de l'année.»

Sans oublier le grain de folie qui fait la marque de commerce du laboratoire Resfest. Cette année, le festival ouvre avec rien de moins que le film controversé de l'heure, Destricted, tour à tour acclamé et conspué à Sundance, Cannes et à la Tate Modern de Londres. Un «film ovni complètement fou», lance Danny Lennon, pas peu fier d'avoir mis la main sur ce matériel inédit et «100 % controverse».

Exercice de style résolument trash, Destricted rassemble sept courts métrages qui se penchent — et s'épanchent! — sur la relation ambiguë qu'entretient l'art avec la pornographie. «Disons que c'est un mélange entre Kids, de Larry Clark, et Irréversible, de Gaspar Noé. Vous prenez ces deux films-là sur l'acide et l'ecstasy et vous multipliez par douze et vous aurez peut-être une petite idée de ce que propose Destricted», résume Danny Lennon.

À cet ovni filmique au contenu explosif s'ajoutent dix programmes Resfest dont le grand classique State of the Art, qui propose un état des lieux de la création cinématographique mondiale. Soulignons aussi le volet «Une décennie de Resfest», qui fait la chronologie des dernières innovations au grand écran. Pour ceux que ce marathon boulimique de trois jours n'aurait pu satisfaire, Danny Lennon, prévoyant, a planifié un Québec Gold 2, qui sera disponible lundi, sitôt le rideau tombé sur le Resfest...

Resfest Montréal
Aujourd'hui, demain et dimanche au cinéma Ex-Centris, 3536, boulevard Saint-Laurent, à Montréal. Billets en vente au www.resfest.ca ou sur place à la billetterie du complexe Ex-Centris.

Québec Gold

Dimanche à 20h au cinéma Ex-Centris.

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