À l'ombre du mur des Lamentations

Comme plusieurs cinéastes avant lui, Oliver Stone y est allé d'un documentaire sur la poudrière qu'est le conflit israélo-palestinien. Le réalisateur de Platoon et de JFK a rangé sa caméra dénonciatrice. Il avait également mis des bémols dans son récent World Trade Center.

Cette fois, Stone a voulu voir, écouter et comprendre la purée de pois qui entoure le Moyen-Orient. Autant que faire se peut. Oliver Stone nous avait déjà livré un documentaire, Comandante, consacré à Fidel Castro. Pour Persona non grata, il s'est envolé vers Israël, cherchant à obtenir les témoignages de toutes les parties visées, en bon petit reporter.

Que bien des intervenants (le documentaire a été tourné en 2002) soient aujourd'hui morts, hors scène ou comateux n'enlève pourtant pas au film toute son actualité, tant la situation tourne en rond à l'ombre du mur des Lamentations, avec ou sans Arafat ou Sharon. Quand même... Le décalage temporel entre le film et l'actualité existe. On est en 2006 après tout. Et le Liban était à feu et à sang l'été dernier.

Ceux qui ont vu quelques-uns des nombreux documentaires qui se sont attaqués à la question ne trouveront pas celui d'Oliver Stone, conçu pour la télé aux côtés d'une équipe européenne, plus percutant que les autres.

Par-delà un Yasser Arafat qui fuit le cinéaste la plupart du temps ou lui sert sa cassette des déclarations habituelles, ce sont surtout les anciens dirigeants israéliens qui font le film. Et Shimon Peres se révèle de loin le plus intéressant de tous, avec sa politique de vieux sage qui décline à sa façon L'Art de la guerre selon Sun-Tzu. Nétanyahou et Barak font figure à ses côtés de sinistres imbéciles. Les Brigades cagoulées des martyrs d'al-Aqsa, que Stone interview avec une dégaine interloquée et candide, révèlent comment leurs armes sont acquises par des proches des leaders israéliens, l'argent étant en la matière le vrai nerf de la guerre.

Le périple de Stone et de ses acolytes dans les territoires occupés, à Jérusalem et à Ramallah livrera les habituelles images de guerre et de désolation, mais sans vraies réponses au bout du tunnel. Les conceptions de la crise s'affrontent sans se comprendre, les kamikazes se font exploser, les tanks israéliens démolissent tout. Les politiciens parlent et rien ne va plus...

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Persona non grata

Réalisation: Oliver Stone. Image: Rodrigo Prieto.

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