Ouverture des neuvièmes Rencontres internationales du documentaire de Montréal - Serge Giguère donne la parole aux aînés

C'est le beau À force de rêves du Montréalais Serge Giguère qui ouvre ce soir les neuvièmes Rencontres internationales du documentaire de Montréal, en piste jusqu'au 19 novembre.

Ce film donne la parole à des aînés qui illuminent leur quotidien en créant, en travaillant la terre, en entretenant hobbys et passions. Cinq héros, âgés entre 72 et 94 ans, vivent et témoignent.

Serge Giguère, qui avait notamment réalisé Le Roi du drum, Oscar Thiffault et 9, Saint-Augustin, assure ne pas tout à fait savoir pourquoi il puise surtout ses modèles parmi les gens âgés bourrés d'énergie, souvent flamboyants.

«N'étant pas particulièrement actif moi-même, confesse-t-il, je voulais juste faire un film libre au sortir de trois années passées à l'ONF.» Le cinéaste dit quand même éprouver une fascination pour la mémoire des personnes âgées, leur imaginaire, leur caractère forgés au fil du temps et des expériences. Il retrouvait en outre avec plaisir le monde de son père, sa propre enfance aussi. «En entrant dans la maison mère des soeurs du Saint-Nom-de-Jésus-et-de-Marie, je savais que je pénétrais un univers sur le point de disparaître.»

Serge Giguère a d'abord tourné chez son voisin cultivateur. De fil en aiguille, d'autres personnes lui ont été recommandées: Reine Décarie, la religieuse chanteuse lyrique, Marc-André Péloquin, qui fabrique des avions miniatures, Ray Monde, la femme peintre, etc. «J'avais huit ou neuf modèles au début. L'émondage s'est fait tout seul, mais toutes les classes sociales sont représentées dans ce film. Les femmes se sont révélées plutôt artistes, les hommes, artisans.»

Il a travaillé sur une période de quatre ans, arrivant avec sa caméra à l'heure des grandes transitions. «Ce matin, je jette mes toiles», lui a dit l'artiste peintre, alors il a couru la filmer. «J'ai tourné beaucoup mais conservé surtout les rencontres qui marquent le passage du temps», précise Serge Giguère.

«La mort se révèle très présente. Certains de mes personnages étaient proches de leur terme, d'autres non. Deux d'entre eux se sont éteints depuis le tournage. Que reste-t-il à la fin d'une vie? Des souvenirs.»

Il a fini par déterminer que ses personnages ne se rencontreraient jamais tout en trouvant une courbe dramatique comprenant les témoignages de tous. «En fin de compte, il m'est apparu que ce film alliait des éléments humains, drôles et dramatiques, avec tous les registres de vie liés par le fil de trame.»

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