21e Festival du cinéma en Abitibi-Témiscamingue - Un petit festival qui joue sur le terrain des grands

Le 21e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue démarre demain. Encore une fois, la population se ruera sur les écrans, prouvant que, hors des grands centres, la cinéphilie aime aussi fleurir.

Chaque année, on célèbre l'énergie de l'équipe du festival abitibien. Pas facile de créer en région éloignée un rendez-vous de films pour lequel la population se passionne. C'est sa 21e édition, et nul divorce en vue au sein de l'équipe de tête. Jacques Matte, le président, demeure aux côtés de Louis Dallaire et de Guy Parent à la proue du navire. Ils ont fondé le festival, tiennent le fort depuis lors sans se disputer. «Mais après 21 ans, il y de plus en plus de jeunes autour de nous, précise Jacques Matte. Il faut assurer une relève, regarder vers le futur. D'autant plus qu'avec l'avènement du numérique, les jeunes cinéastes peuvent demeurer en région et faire du cinéma. On a avec nous toute une génération montante, très créatrice.»

Demain, le bal du festival démarre avec Petits incidents, de la Danoise Annette K. Olesen, plongée chez une famille en crise après la mort de la mère. «Un film drôle, tragique, léger, grave... comme la vie», décrit Jacques Matte. Le directeur du festival de Rouyn se dit heureux de présenter à son public des oeuvres très différentes, comme Julie en juillet, de Fatih Akin, avec l'acteur Moritz Bleibtreu, Une affaire privée, polar donnant la vedette à Thierry Lhermitte ou le film aux contours fantastiques I Am Dina, du Danois Ole Bornedal.

À surveiller aussi: Une journée comme les autres, de la Québécoise Isabelle Cyr. Sur le flanc national, des films comme Le Marais, de Kim Nguyen, Histoire de Pen, de Michel Jetté, Le Nèg', de Robert Morin, trouveront leur rampe de lancement en Abitibi. Mais côté documentaires, un gars de la région, Marc Gérard, lance une première oeuvre que tout le monde attend: Rien sans pennes, son aventure avec le faucon qu'il élève.

Jacques Matte vous expliquera qu'il est de plus en plus difficile, avec la prolifération des festivals, de convaincre des stars étrangères de se déplacer pour son rendez-vous au royaume du cuivre. «Par ailleurs, les copies de longs métrages en circulation sont en nombre limité. Cela dit, pour un petit festival comme le nôtre, présenter L'Homme sans passé, d'Aki Kaurismaki, constitue en soi un tour de force. J'ai la chance d'avoir des contacts en Europe. Et pour les cinéastes et comédiens québécois, notre rendez-vous possède des assises solides depuis longtemps.»

Depuis le jour de sa fondation, le Festival se concentre sur la pellicule: des films de tous formats, mais des films. Voilà que, pour la première fois, un volet vidéo est au programme au Bar Lounge post-moderne. «C'est un groupe de jeunes en Abitibi, le Racamés international, qui s'occupent de cet Espace vidéo, explique Jacques Matte. Cinq thèmes sont à l'honneur: le trash, l'animation, la fiction, le documentaire, l'expérimental. Une vingtaine de jeunes vidéastes viendront de Montréal, dont des membres de l'équipe Kino. Ça recrée un peu l'atmosphère des premiers festivals quand les gens arrivaient sur le pouce ou en autobus pour accompagner leurs films à Rouyn-Noranda. Et ça prouve qu'on ne vieillit jamais vraiment.»