Tournages - Montréal: la remontée après la chute

Si les vaches maigres ont succédé aux grasses dans l'aventure fluctuante des tournages au Québec, une hausse se dessine depuis l'été. Même s'il s'est produit en 2006 moins de films québécois que les années précédentes (entre 15 et 20 plutôt qu'entre 25 et 30) et même si le début de l'année a été marqué par des conflits syndicaux qui ont éloigné les promoteurs américains et leurs gros films, l'industrie du tournage reprend du poil de la bête, à Montréal du moins.

Des productions américaines comme Three Hundreds, The Spiderwick Chronicles, Journey to the Center of the Earth et I'm Not There sur la vie de Bob Dylan, tournées ici, poussent la roue qui grinçait. «Le vent a tourné», estime Daniel Bissonnette, commissaire du Bureau du cinéma de Montréal.

Montréal avait connu un sommet himalayen en 2003: 800 millions de dollars générés par les tournages maison et étrangers. Allez faire mieux... De fait, 2004 et 2005 ont vu les retombées choir à 500 millions sur le territoire de Montréal.

Du seul côté des productions étrangères, dans le Québec entier, les chiffres ont chuté de 380 millions en 2003 à 89 millions en 2005. Et ce, pour un tas de facteurs conjugués.

Les mesures fiscales prises par l'État de New York en particulier, déterminé à contrer les tournages au Canada et ailleurs, la croissance du dollar canadien ainsi que la concurrence des pays de l'Est jouaient contre nous dans le domaine.

Pour mal faire, en 2006, la guerre des syndicats entre l'aile québécoise de l'IATSE américain et l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du don (AQTIS), qui se disputaient notre territoire, a vraiment effrayé le client. D'où le départ pour Toronto de la grosse production américaine Jumper (retombées estimées de 75 millions) prévue à Montréal. Il y a deux mois, le gouvernement québécois gelait le conflit, les deux parties étant en attente de délibération auprès de la Commission des relations de travail. Ceci a eu pour effet d'apaiser un peu le jeu auprès des majors affolées.

Attendu depuis longtemps mais en fonction depuis quatre mois, le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec s'est donné comme mandat de promouvoir le Québec auprès des producteurs étrangers. Son commissaire national, Hans Fraikin, estime qu'en 2006, le Québec pourrait enregistrer des retombées de 200 millions grâce aux tournages étrangers, confirmant la pente ascendante. «Les Américains sont un peu rassurés par le gel du conflit. Nul n'a droit aux perturbations et aux grèves, précise-t-il. Mais certains studios demeurent quand même frileux... »

Hans Fraikin croit que son organisme pourra contribuer à améliorer les choses. «Notre bureau démarre à peine, explique-t-il, alors que d'autres provinces canadiennes se sont offert depuis longtemps les moyens de faire leur promotion à Hollywood ou ailleurs. Notre travail de représentation va aider le Québec, pas seulement Montréal, à mieux se positionner sur un échiquier international qui se complexifie mais où nous avons beaucoup

à offrir.»

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