À voir à la télévision le mercredi 27 septembre - Un film tranchant

Au Japon, Takeshi Kitano est depuis longtemps une figure populaire (grâce entre autres à ses émissions satiriques dans les années 1980), mais l'attention portée à sa démarche de cinéaste est venue avec le succès international de Sonatine (1993), une relecture admirable des films de yakuzas, ces mafiosi nippons.

Habitué à jouer les gangsters, Takeshi Kitano aime se placer à la fois derrière et devant la caméra (l'acteur, lui, se surnomme «Beat» Takeshi), et la surprise fut totale de le voir en samouraï dans Zatoichi (2003). Ce personnage fait partie intégrante de la culture et du cinéma japonais, porté à l'écran plus de 20 fois entre 1962 et 1989. Et, pour son premier film d'époque, Kitano n'a pas délaissé sa signature toute personnelle, capable d'assembler des scènes d'une rare violence avec des moments de grande tendresse. Même les amateurs de comédies musicales vont ici se régaler.

Dans le Japon du XIXe siècle, un aveugle aux allures de mendiant se promène sur les routes et offre ses services de masseur. Mais plusieurs ignorent que, derrière sa démarche hésitante, se cache un ancien samouraï et que la perte de la vue a décuplé tous ses autres sens. Il fait alors son entrée dans un petit village contrôlé par un seigneur tyrannique, où deux geishas, Okinu (Yuko Daike) et... son frère Osei (Daigoro Tachibana), pleurent encore la mort de leurs parents, tués par de redoutables «ronins». Sans rien dire, Zatoichi va tenter d'assouvir leur soif de vengeance, et celui que tous croient faible et inoffensif créera quelques surprises.

Des combats à l'image de ballets, une structure narrative refusant toute linéarité et un hommage senti au cinéma de Kurosawa font de cette aventure un pur plaisir cinématographique, un chambara (film de sabre) où Kitano règne lui aussi en grand seigneur. Un film tranchant, et pas que dans le vif du sujet!

Cinéma / Zatoichi, Artv, 19h30

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