À voir à la télévision le lundi 31 juillet - Les rouges et les noirs

Dans l'Italie rurale de l'après-guerre, un petit village voit Peppone, communiste sanguin, remporter la mairie au grand dam de Don Camillo, un curé soupe au lait. Les deux antagonistes se livreront une guerre d'influence, ponctuée d'empoignades cocasses. Unis par une forme de respect et d'admiration mutuels, les frères ennemis accorderont leurs efforts dans l'adversité.

Mais pour que triomphe le bon sens, Peppone devra piétiner ses idéaux socialistes ou démocratiques. Quant au supercuré, s'il assomme environ deux douzaines de rouges, il ne sera guère plus tendre envers les riches propriétaires terriens: «La faute à qui s'ils sont si nombreux? C'est la misère qui les pousse, et votre égoïsme à vous, et à tous vos pareils», aboie-t-il à l'extrême droite, sur fond de confit social.

Bolchevik pour les uns, réactionnaire pour les autres, Don Camillo se mettra sans effort la communauté à dos, et ses supérieurs songeront à le mettre au vert. Son véritable allié s'appelle Jésus (dans son meilleur rôle de soutien), avec qui il s'entretient très amicalement. Italie oblige, les différends se régleront par un match

de foot d'anthologie, au cours duquel de nombreux coups de boule (déjà) seront administrés, et dont l'arbitre a été soudoyé (ça ne s'invente pas).

Jésus, Peppone, Don Camillo: la sagesse bienveillante de l'un, la moustache autoritaire de l'autre et la bobine chevaline du dernier firent la joie des cinéphiles de toutes les générations. Un récit picaresque, au rythme inattendu, à des années lumière de notre grande noirceur. À vos magnétos!

Cinéma / Le Petit Monde de Don Camillo, Télé-Québec, 21h