Cinéma - Mort de Gérard Oury, réalisateur de La Grande Vadrouille

Gérard Oury et sa compagne Michèle Morgan arrivent main dans la main au 54e Festival de Cannes, en mai 2001, où le réalisateur à reçu un prix hommage pour l’ensemble de sa carrière.
Photo: Agence Reuters Gérard Oury et sa compagne Michèle Morgan arrivent main dans la main au 54e Festival de Cannes, en mai 2001, où le réalisateur à reçu un prix hommage pour l’ensemble de sa carrière.

Paris — Le réalisateur Gérard Oury, champion du box-office en France avec La Grande Vadrouille (1966), seulement détrôné par Titanic, est mort hier matin à l'âge de 87 ans dans sa maison de Saint-Tropez, dans le sud-est de la France, a annoncé son agent. Avec lui disparaît le roi de la comédie à la française, qui a fait rire plus de 50 millions de spectateurs et plus de 200 millions de téléspectateurs.

Le président Jacques Chirac a salué en lui un «maître du rire et de la bonne humeur» qui était aussi «un formidable créateur de mythes». Citant ses grands succès comme Le Corniaud, La Grande Vadrouille ou La Folie des grandeurs, le président français a souligné que ces films «font partie intégrante de notre culture et de notre imaginaire».

«Ils nous rappelleront toujours le souvenir d'un cinéaste extraordinairement doué [...] un merveilleux représentant de l'esprit français, de l'humour, de la générosité, de la tendresse», a-t-il également déclaré.

Ses films font «partie du patrimoine des familles françaises, de ces films que l'on voit et que l'on revoit avec un bonheur identique, comme au premier jour», a déclaré pour sa part le premier ministre Dominique de Villepin, tandis que l'ancien ministre de la Culture Jack Lang place Gérard Oury «en première place au Panthéon du cinéma populaire de haute qualité».

Pourtant, le jeune acteur qui débutait à 19 ans, juste avant la guerre, sur la scène de la prestigieuse Comédie française, a dû attendre 1993 pour recevoir un César d'honneur couronnant sa carrière (l'équivalent de l'Oscar pour le cinéma français), puis 1998 pour entrer à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France.

Le cinéaste déplorait que «dans le pays de Labiche, de Feydeau et du dieu Molière, alors que les Français adorent rire, tout un courant, méprise un peu la comédie. Il faut 20 ou 30 ans pour qu'une comédie, au théâtre ou au cinéma, prenne sa réelle valeur».

«L'as des as» du box-office pouvait toutefois se réjouir d'avoir engendré une digne lignée d'héritiers puisque sa fille Danièle Thompson, qui a fait ses débuts de scénariste à ses côtés sur La Grande Vadrouille, a elle aussi rencontré le succès avec La Bûche et tout récemment Fauteuils d'orchestre. Et son petit-fils Christopher Thompson a co-écrit Fauteuils d'orchestre avec sa mère.

Gérard Oury était «merveilleux , gai, enthousiaste, immensément talentueux», a dit sa fille. Il ne tournait plus depuis 1999 car il avait perdu la vue.

Sa disparition intervient alors que les films français se taillent la part du lion avec 47,5 % du marché français, un succès sans équivalent en Europe pour les cinémas nationaux, dû essentiellement à des comédies tels que Les Bronzés 3 (champion du box-office avec 10,4 millions d'entrées), Camping et Je vous trouve très beau.

Depuis une quarantaine d'années, Gérard Oury avait pour compagne une icône du cinéma français, Michèle Morgan, aujourd'hui âgée de 86 ans, la blonde héroïne aux yeux saphir à qui Jean Gabin disait dans Quai des brumes de Marcel Carné, «T'as de beaux yeux, tu sais? Embrassez-moi».

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