À voir à la télévision le jeudi 6 juillet - La malédiction d'un tableau

Certains pestent encore contre Fritz Lang à propos de la finale de La Femme au portrait (The Woman in the Window, 1944) n'y voyant que la main pesante de producteurs trop frileux devant l'immoralité de cette histoire de crimes et d'adultère. D'autres se portent à la défense du réalisateur de Metropolis et de M le Maudit en décrivant avec quelle minutie il a su orchestrer ce truquage exceptionnel, faisant passer le personnage incarné par Edward G. Robinson d'un lieu à un autre sans coupure au montage.

Tous acceptent pourtant d'enterrer la hache de guerre devant ce récit d'une construction exemplaire, superbe mécanique de film noir où les rebondissements sont nombreux, le tout ponctué d'éléments symboliques (horloges, miroirs, peintures, etc.) qui décrivent avec justesse le désarroi des personnages.

Le plus désemparé de tous se nomme Richard Wanley (Robinson, une présence incomparable), un respectable professeur dont l'épouse et les enfants sont partis en vacances. Devant la vitrine d'une galerie d'art, il contemple le portrait d'une femme et tout à coup surgit le modèle, Alice Reed (Joan Bennett, la quintessence de la classe et du style), qui l'invite chez elle. Surpris de son audace, il affiche tout de même une conduite irréprochable, mais l'arrivée tonitruante de l'amant d'Alice va tout changer: aveuglé par la colère, celui-ci veut l'étrangler, mais Wanley le tue à l'aide d'une paire de ciseaux que lui tend Alice. Voulant éviter un scandale, il décide de balancer le cadavre dans la forêt, mais la police a vite fait de le retrouver...

Ce spécialiste de la psychologie criminelle (belle ironie) apparaît si ennuyeux que même ses amis, dont le juge d'instruction chargé de l'enquête!, se régalent de ses observations, lui qui ne cesse de s'incriminer en donnant, bien malgré lui, de nombreux indices. Et même si on connaît le coupable, on ne sait jamais ce que Fritz Lang nous réserve.
Cinéma / La Femme au portrait, Artv, 21h

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