À voir à la télévision le vendredi 5 mai - Sortir du trou le sourire aux lèvres

Pendant quelques décennies, Jean Becker est apparu dans le paysage du cinéma français tel un fantôme, récoltant du succès pour mieux se réfugier dans ses terres. C'est ainsi qu'après une période d'intense activité dans les années 60, il est revenu au cinéma avec L'Été meurtrier (1983), hommage corrosif aux charmes d'Isabelle Adjani. Depuis le milieu des années 90, il tourne avec une étonnante régularité (Elisa, Les Enfants du marais, Un crime au paradis). Et au rayon de la nostalgie, le fils du cinéaste Jacques Becker (Casque d'or) n'a pas son pareil.

Sa manière, aussi académique que pétrie de bons sentiments, fonctionne à tous les coups; sa mission de cinéaste n'est pas de bousculer le spectateur mais de le réconforter. Et il le fait très bien dans Effroyables jardins (2002), adaptation d'un roman de Michel Quint qui nous plonge, entre rire et larmes, dans un trou bien profond...

Quatre hommes vont s'y retrouver avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dont Jacques (Jacques Villeret) et André (André Dussolier), auteurs d'un attentat contre l'occupant allemand mais surtout destiné à impressionner une jeune fille... Ils s'en sortiront, mais transformés à jamais, ce qu'ignore le fils de Jacques, Lucien, honteux de voir son père instituteur se transformer en clown.

D'où lui vient cette vocation? Pourquoi cet homme instruit s'acharne-t-il à faire le pitre? C'est ce que le jeune Lucien va découvrir, André devenant le narrateur de cette histoire où l'humour devient une arme de séduction massive et l'amour entre les peuples, grâce au rire, plus qu'une utopie. Sortez les violons, quelques croix gammées, et un beau gros nez rouge...

Cinéma / Effroyables jardins, Radio-Canada, 20h