La saga des festivals montréalais de cinéma se poursuit - L'après FIFM

La saga des festivals n'a pas fini de rebondir, même après l'annonce vendredi dernier d'un FIFM qui renonçait à son édition 2006 et perdait de gros joueurs dans ses rangs, dont Spectra. Dans le communiqué de vendredi, la faute de l'échec était beaucoup imputée au Festival du nouveau cinéma (FNC) qui a refusé de fusionner avec le FIFM.

Du côté du FNC, les directeurs s'avouaient hier inquiets et secoués. De grosses pressions furent exercées sur eux au cours de la dernière semaine.

Si on manque d'informations pour comprendre en quoi consistaient vraiment ces propositions faites au FNC, — faute de document écrit à se mettre sous la dent et de volonté ferme de mettre la presse au courant —, des éléments ont filtré. Quelques propositions auraient été mises sur la table, assez informelles, d'ailleurs.

Des émissaires du Regroupement auraient en gros proposé au FNC de prendre la barre du FIFM, d'en gérer la direction artistique en laissant un membre de l'Équipe Spectra au marketing. En partie le feu vert donc, mais Bruno Jobin, le directeur général du FNC, estime que s'associer à un rendez-vous qui a connu l'échec, n'était pas si désirable, que le projet global ne correspondait pas à celui du FNC, qui possède son propre esprit, ses projets d'expansion et son public. Des chiffres d'offres financières (entre trois et quatre millions) qui auraient été faites au FNC pour le convaincre de fusionner, circulent aussi, sans que le FNC désire confirmer.

Les officines de l'Équipe Spectra et du Regroupement à l'origine du FIFM refusent les nouveaux commentaires. On constate cependant que quatre noms de membres de l'Équipe Spectra (Luc Châtelain, André Ménard, Jacques-André Dupont et Denyse McCann, membres du conseil d'administration du FIFM) n'apparaissent pas sur la liste des signataires du conseil d'administration du communiqué diffusé par le Regroupement vendredi dernier.

Deux membres du conseil d'administration du FNC seraient de leur côté en désaccord avec le refus de la fusion de leur rendez-vous avec le FIFM, ce qui ne contribuerait pas à la sérénité du climat interne.

Ni Téléfilm ni la SODEC ne commentent pour l'heure la chute d'un rendez-vous qu'ils avaient contribué à mettre au monde.

Par ailleurs, le rapport de Bernard Boucher, bilan de l'aventure du FIFM, destiné à des fins internes, mais qui a filtré partout, lance plusieurs pistes pour expliquer l'échec du FIFM. Entre autres, le désaccord entre le directeur artistique Moritz de Hadeln (qui voulait des films en primeurs) et le directeur général Alain Simard qui réclamait plus d'oeuvres locomotives, primeurs ou pas. Les mauvaises dates bien sûr, l'organigramme des comités du FIFM, trop lourd, ont joué dans l'échec. L'entrevue de Moritz de Hadeln au Devoir à la veille de l'ouverture du FIFM qui mettait les tensions internes au grand jour est décriée par tous. Ajoutez des problèmes organisationnels, la mort annoncée prématurément du Festival des films du monde, les démêlés avec le FNC, etc.

Certains dans le milieu estiment que ce rapport Boucher est partial, que les chiffres de fréquentation du FIFM gonflés (30 000 spectateurs), n'y ont pas été remis en cause. Que trop d'intervenants à l'extérieur du FIFM n'ont pas témoigné. Que le fameux cahier des charges, qui avait énoncé les paramètres du nouveau festival, n'a pas été respecté par le FIFM, dont le devoir de transparence.

Plutôt que de festoyer, le Festival du nouveau cinéma semble craindre que certains esprits amers ne veuillent l'entraîner dans la débandade du concurrent. Mais il serait étonnant, après la chute d'un rendez de cinéma et le refus d'en subventionner un autre (FFM), que les institutions s'acharnent sur la seule manifestation du trio qui a vraiment trouvé son public en 2005.
1 commentaire
  • Francois Nicolas tétreault - Inscrit 14 février 2006 22 h 50

    Quelques vérités sur l'échec de 2005....

    Je me souviendrai toujours de ce premier meeting en groupe rue Sherbrooke dans les bureaux de Spectra. Assis au centre de la table un Maurice De Halden et de sa femme Erica qui ont l'air de 2 espions venus D'allemagne de l'Est à l'époque du mur et qui viennent de toucher le jack pot.... De Halden donne un coup de gueule contre Losique le pestiféré... La consigne: ne parler pas à personne meme pas à votre conjointe ce qui se passe ici ... cela pourrait se rendre aux oreilles du FFM! Pauvre Érica! elle qui était bénévole... Pauvre Ginette ... elle qui se retient pour ne pas pleuré d'avoir laissé tombé son contrat habituel du FFM avec mme C... sur la rue bleury
    De l'autre coté de la table, un producteur qui nous dit que les rats se tiennent au Parisien .. pendant le FFM. Je lui ai dit tout simplement que les rats eux avaient l'équipement pour faire un vrai festival mais pas nous .

    Ce qui à fait la force du Festival des Films du Monde au cours des dernières années , c'est d'avoir un cinéma comme le Centre Impérial , une solide directrice de programmation comme Danièle Cauchard et aussi un logiciel capable de stocké et gérer l'information nécessaire à la tenue d'un tel évènement alors que nous au FIFM on doit se batir un cinéma au Saint-Denis , un logiciel et faire de la formation pour Spectra tout en cherchant l'approbation de la FIAPF.

    J'ai été coordonnateur technique du Festival de Serge Losique de 2001 à 2004 . En 2005 J'ai opté pour joindre l'équipe du festival de Spectra parce qu'on nous promettais un festival grandiose en 2006. Aujourd'hui comme tous ceux qui ont quitté Losique pour le FIFM je me sens trahi par de fausses promesses comme tous ceux qui ont monté le FiFM et ont du subir l'ingnorance de Spectra ..Selon moi l'équipe Spectra était dans cette opération comme un apprenti-mécancien sans formation qui travaillerait chez Canadian Tire . Les outils pour faire un festival sont là . La logistique est bien présente mais la culture cinématographique est absente . Dans les palais de Spectra on ne parle pas d'un film mais de la ``bobine`` . On s'est vite apercu qu'il existe plusieurs supports filmiques , DVD , Beta , HDTV etc...Au royaume des commandites pendant les projections du FIFM sauce Spectra On impose 3,4,5 films annonce de pubs de chars Toyota et de Téléfilms lors d'une première de films compétitive comme si on faisait de la TV à TQS... Et à nos amis journalistes on fera 3,4,5 projections privées, tout cela pour faire aprouvé le nouveau né FIFM n'a rien d'un Batard....

    Dès le départ en février 2005 on nous promettait(Alain Simard) un petit festival facile à organiser .... 100 films pas plus , seulement du 35mm et du HDtv sauf que 100 films présentés 5 ou 6 fois dans un festival international à Montréal c'est du jamais vu..alors que la moyenne est de 3 ou 4 représentations par films incluant les visionnements de presse. 100 films présentés 3 fois de trop dans des salles vides ca fait mal et ca tue un festival... Pour moi ce festival était le festival de Crystal films . Il est anormal qu'un distributeur prenne le controle d'un festival compétitif...A preuve le département de la circulation des copies n'arrivait plus à compiler les nouvelles copies de films de Crystal tellement elles arrivaient de partout .. mais surtout de Toronto..

    Et puis il y a eu nos amis les gouverneurs du FIFM qui était tous parti à Festival of festivals pour faire la promotion de leur projet personnel dans la ville reine alors qu'à Montréal l'équipe du FIFM et Spectra faisait naufrage au coeur d'une tempete... Où étiez-vous cher gouverneur pou attirer les gens au FIFM?


    $850,000 de déficit pourquoi ? Avait-on besoin d'embaucher Maurice Dehalden , de louer 14 salles de cinéma et d'un tapis rouge de 500 pieds de long . Qui donc à décidé de changer les dates du festival prévu en octobre plutot que de manière précipité en mi-septembre ?
    Et qui donc devrait payer cette facture pour sa mauvaise gestion ? Mais qui est-il ce mauvais improvisateur ? Pourquoi Spectra n'a t-il pas encore remis son rapport final Post Mortem ? à suivre... La vérité C'est que L'équipe Spectra , ce grand empreur du show bizz québécois à eu l'impression nette d'enculé des mouches durant ce FIFM et ils ont tout simplement retiré leurs billes dans le plus grand échec de leur histoire en attendant la fin probable du FFM... un jour et de Serge Losique ... Vive le Show bizzzzzzzzz ! Pour le moment ce sont les gens qui gravitent autour de ces festivals , les pigistes, les cinéphiles et les jeunes réalisateurs qui perdre l'espoir d'une nouvelle fenetre pour Montréal d'avoir un véritable festival de films subventionné et approuvé de tous !

    Francois Nicolas Tétreault
    francoisfnt@videotron.ca