À voir à la télévision le dimanche 12 février - L'homme qui aimait les femmes, et le cinéma

François Truffaut cherchait l'intensité aussi bien sur l'écran que dans la vie: cette quête épuisante s'est interrompue le 21 octobre 1984, alors qu'il était âgé de 52 ans. Il avait encore bien des films à faire, bien des femmes à séduire, mais le temps lui a cruellement manqué.

Devant François Truffaut: une autobiographie, on découvre à quel point le cinéaste était boulimique, fébrile, toujours en quête d'un bon livre dont il faut négocier les droits et habité par ce souci de raconter une histoire non seulement compréhensible aux cinéphiles parisiens mais aussi au plus grand nombre. Dans ce portrait nourri par plusieurs entrevues télévisées accordées par Truffaut au fil de sa carrière, sur le plateau de Domicile conjugal ou de L'Enfant sauvage, l'homme apparaît toujours un peu en représentation, mais plusieurs compagnons de route viennent nuancer cette image d'assurance.

Tour à tour, les plus grandes actrices de son cinéma se confient, trop brièvement, sur leurs rapports avec lui. Jeanne Moreau (La mariée était en noir, Jules et Jim) se considérait comme la

confidente; Nathalie Baye (La Nuit américaine, La Chambre verte) se souvient de ses techniques de drague pas toujours subtiles; Catherine Deneuve (La Sirène du Mississippi, Le Dernier Métro), qui n'est ici qu'une voix, rappelle l'échec commercial de leur première collaboration et la quasi-certitude du succès de leur seconde...

Mais ce sont surtout les commentaires, touchants, du scénariste Jérôme Tonnerre qui évitent à ce documentaire de sombrer dans les lieux communs. Très jeune, il poussa avec nervosité la porte des Films du Carrosse, la compagnie de production de Truffaut, parce qu'il rêvait de devenir cinéaste. C'est ainsi qu'il gravitera autour de lui, filmant en amateur le tournage de L'Argent de poche, relisant ses lettres avec une émotion sincère. Truffaut lui manque; on le comprend.

Portraits : François Truffaut

Artv, 20h