Décès du cinéaste Walerian Borowczyk

Paris — Le cinéaste Walerian Borowczyk, qui fut notamment le réalisateur des Contes immoraux (1974), est décédé vendredi à la suite de complications cardiaques dans un hôpital de la région parisienne, a annoncé hier à l’AFP l’un de ses proches.

Né en 1923 à Kwilcz, en Pologne, Walerian Borowczyk était un artiste polyvalent, peintre, graphiste, écrivain, mais surtout cinéaste de l'érotisme, doué, selon André Breton, d'une «imagination fulgurante».

Après avoir terminé ses études à l'Académie des Arts de Varsovie en 1951, il avait obtenu en 1953, le grand prix national du graphisme pour ses affiches de cinéma. Il réalise quelques courts métrages d'animation à partir de 1946, mais sa notoriété débute en 1957, avec le film d'animation Byl Sobie Ras... (Il était une fois...), qu'il réalise en collaboration avec Jan Lenica.

Il bouleverse le cinéma d'animation en y introduisant un humour noir, des gags surréalistes et une technique nouvelle fondée sur les découpages. Remarqué pour le caractère surréaliste et cauchemardesque de son oeuvre, il s'installe en France, à Paris, où il collabore avec Chris Marker pour Les Astronautes (1959) et réalise d'autres films d'animation, comme Renaissance et Le Jeu des anges. En 1963, il crée son premier long métrage d'animation, Le théâtre de M. et Mme Kabal.

En 1974, sort son premiers film ouvertement érotique (interdit aux moins de 16 ans à sa sortie), Contes immoraux (avec notamment Fabrice Luchini et Paloma Picasso), un aperçu de la sexualité à travers les âges en quatre épisodes, qui est aussi une sorte de manifeste. Il retourne en Pologne pour tourner Dziejz Grechu (L'Histoire d'un péché), puis revient en France avec La Bête (1975), qui présente des scènes d'accouplements équins et de masturbations si provocantes que les spectateurs quittent parfois la salle.

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