Collection - À chaque décennie sa trouvaille

Au début des années 1950, David Stewart commence sérieusement à s'intéresser à l'histoire canadienne. Débute alors son imposant travail de collecte d'objets aux quatre coins du monde. Chaque décennie, depuis l'ouverture du musée en 1955, est marquée par l'acquisition d'une trouvaille significative dans l'histoire du Nouveau Monde.

Décennie 1955-1965

Exercice de l'infanterie française ordonné par le Roy... le 6 mai 1756 et The New Highland Military Discipline

Acquis au début des années 1960, ces deux manuels d'exercices militaires du milieu du XVIIIe siècle sont à l'origine du programme d'animation du Musée Stewart, premier du genre au Québec. Prenant son envol au milieu des années 1960, ce programme a innové en reconstituant la Compagnie franche de la marine et le 78e Fraser Highlanders d'après les dessins et écrits des deux ouvrages militaires. «En recréant ces troupes militaires françaises et écossaises, le fondateur David Stewart avait la conviction que c'était là une manière originale de donner vie à ces gravures anciennes», souligne Guy Vadeboncoeur. À noter que ces manuels sont exposés pour la première fois au grand public.

Décennie 1965-1975

Chaise à porteurs

Cette chaise à porteurs obtenue en 1966 est l'un des rares exemplaires à se retrouver dans les collections publiques québécoises. Elle fit partie de l'exposition permanente du musée pendant plusieurs décennies avant d'être restaurée par le Centre de conservation du Québec. Bien qu'elle n'ait jamais servi en Amérique, cette pièce en bois, cuir, verre et laiton illustre le mode de transport privilégié dont jouissaient la noblesse et la bourgeoisie dans les rues boueuses et sales des villes de la Nouvelle-France.

Décennie 1975-1985

Maquette d'arsenal d'un vaisseau de ligne de 70 canons

Cette maquette de vaisseau, qui pourrait se nommer «Le Jupiter», compte parmi les plus importantes acquisitions du musée au cours des années 1970. David Stewart s'éprit de ce modèle lors d'un de ses nombreux voyages à Paris. Après plusieurs années passées à le reluquer à la boutique d'antiquaire Aux armes anciennes, il décide de se l'approprier enfin en 1979. Les collections publiques canadiennes ne comptent aucune autre maquette de cette envergure, qui servait de modèle aux constructeurs de vaisseaux et à la formation des marins. Provenant probablement d'un arsenal français de la côte atlantique, elle fait écho aux vaisseaux de cet acabit construits aux chantiers maritimes de Québec, comme L'Algonquin, vaisseau de 72 canons érigé en 1753.

Décennie 1985-1995

La marquise de Pompadour en vestale

Ce portrait à l'huile acquis en 1985 a été la grande vedette de l'exposition «Madame de Pompadour et la floraison des arts» présentée l'année suivante. Pour l'occasion, le musée avait emprunté à plusieurs centres d'archives et musées internationaux des oeuvres d'art et documents. En 2002, ce portrait a été mis à la disposition du Kunthalle der Hypo-Kultustitung de Munich et de la National Gallery de Londres, dans le cadre d'une exposition internationale portant sur ce célèbre personnage de l'histoire de France. Le Musée Stewart possède l'un des plus importants ensembles au Canada d'objets et documents ayant appartenu à la marquise.

Décennie 1995-2005

Figure de tabac

Voilà une oeuvre qui nous ramène aux origines mêmes de la fondation du musée, il y a 50 ans, par David Stewart. Influent industriel du tabac à Montréal, il décide en 1974 de vendre la Compagnie des tabacs Macdonald pour mettre sur pied son petit musée d'histoire. Le Musée Stewart compte aujourd'hui une importante collection de figures de tabac d'Europe, d'Amérique et du Canada. Celle-ci, acquise en 2000, est une création de l'artiste québécois Louis Jobin (1845-1928), reconnu pour ses enseignes sculptées, ses sculptures navales et ses ouvrages à caractère religieux. En regardant la statue en bois de plus près, on remarque, inscrit sur son socle, le nom du quotidien Le Devoir! Jusqu'au début du XXe siècle, les figures de tabac personnifiant des Indiens servaient d'enseigne commerciale aux «tabagistes» d'Amérique du Nord et de Grande-Bretagne, qui vendaient tabac et journaux.