Un appui de taille pour conserver le Riopelle au Stade olympique - Le RAAV prend la défense des citoyens d'Hochelaga-Maisonneuve

Le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV) prend le parti du regroupement de citoyens SOS La joute dans le débat autour du déménagement de la sculpture La Joute de Jean-Paul Riopelle. Le RAAV considère la cause des citoyens "louable" et "légitime" et exige, de la ministre de la Culture et des Communications, un moratoire sur ce déménagement et sur toute oeuvre d'art public, du moins jusqu'à l'adoption par la Ville de Montréal d'une politique culturelle.

À la suite d'une demande de soutien de la part du comité SOS La Joute, le RAAV a répondu dans une lettre datée du 16 avril dernier en ajoutant sa voix et celle de ses 1600 membres aux artistes, intellectuels et citoyens du quartier Hochelaga-Maisonneuve qui ont signé une pétition envoyée au ministère de la Culture et des Communication la semaine dernière, pour que l'oeuvre demeure sur le terrain du Stade olympique et donc dans le quartier.

Dans sa lettre, le directeur général du RAAV, Léo Beaulieu, soutient que l'oeuvre de Riopelle, qui appartient au Musée d'art contemporain de Montréal (MACM) et qui doit prochainement être déplacée dans le Quartier International des affaires de Montréal, est entrée dans les habitudes des gens du quartier et doit désormais être considérée comme faisant partie du patrimoine public.

La semaine dernière, le comité SOS La joute manifestait publiquement son désaccord devant le déménagement de la sculpture, une décision prise par la direction du MACM. L'organisme qui gère le futur site d'accueil de la sculpture promet de restaurer l'oeuvre. La Joute a subi les effets d'une détérioration avancée depuis son installation au Stade olympique.

Les oeuvres d'art public

Le RAAV dit comprendre "le sentiment de dépossession qui pèse sur les membres" du comité SOS La Joute et se dit désolé de cette situation. M. Beaulieu cherche cependant à élargir le débat à la situation des oeuvres d'art public, souvent parents pauvres de la réflexion sur l'espace public, dans un contexte de fusionnement des municipalités.

"Il faut s'assurer que la Ville de Montréal se dote d'une politique des oeuvres d'art public en toute clarté. Le Sommet de Montréal doit déboucher sur une telle politique. Et ailleurs, au Québec, les fusions pourraient mener à des repositionnement, des changements de fonctionnaires. Des acquis pourraient se perdre. Rien ne dit aussi que le Quartier international soit mieux placé que la RIO pour s'occuper de l'oeuvre. Une instance devrait être responsable du parc des oeuvres publiques, sans que les choses n'aboutissent constamment sur les bureaux de ministres. Ça démontre un flagrant manque de clarté dans les procédures".À ce propos, la lettre du RAAV cite un document présenté au Sommet de Montréal, qui déplore le manque d'entretien des oeuvres d'art public. M. Beaulieu défend la position des citoyens en rappelant les investissements récents effectués à l'occasion du programme de redressement du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Son organisme prône la mise sur pied d'un concours public pour qu'une nouvelle oeuvre soit créée par un artiste vivant.

Avec le journaliste et citoyen du quartier Hochelaga-Maisonneuve Jacques Keable à sa tête, le comité SOS La Joute considère comme un rapt le déménagement de la sculpture. Ce dernier a par ailleurs réfuté vivement, par voie de communiqué, les arguments avancés par Marcel Brisebois, directeur du MACM, et Clément Demers, du Quartier international des affaires, exprimés dans un article paru dans Le Devoir du vendredi 19 avril. Ce communiqué précise également que l'artiste Armand Vaillancourt et Tourisme Hochelaga-Maisonneuve appuient sa démarche.