Où voir des Riopelle?

Au milieu de tout le tapage entourant la mort de Riopelle, il n'est sans doute pas inutile d'indiquer à l'amateur où il peut aller, au Québec, pour apprécier de visu l'oeuvre de l'artiste. L'année dernière, rappelons-le, le gouvernement du Québec, à l'instigation de Bernard Lamarre, président du Musée des beaux-arts de Montréal, a voulu combler les lacunes des collections nationales au sujet de Riopelle en accordant une aide financière pour l'acquisition de ses oeuvres.

C'est ainsi que, grâce en plus à plusieurs dons, le Musée du Québec possède dorénavant la plus importante collection au monde de Riopelle, avec près de 300 oeuvres couvrant la période allant de 1942 à 1992. Depuis l'an 2000, une salle permanente est consacrée à l'artiste et 35 oeuvres sont actuellement exposées dans l'institution de la Vieille Capitale, qui réunit des estampes, des sculptures et des huiles sur toile, dont la magistrale Poussière de soleil (1954), qui date de l'époque des mosaïques. La salle est dominée par l'Hommage à Rosa Luxemburg (1992), un cycle imposant de 30 tableaux juxtaposés sur trois pans muraux, cycle dont on dit qu'il constitue le testament artistique de Riopelle.

À la faveur du même soutien financier, le Musée des beaux-arts de Montréal compte lui aussi aujourd'hui une des collections les plus plus considérables des oeuvres de l'artiste. Cette collection fera d'ailleurs l'objet d'une exposition, fort attendue on le suppose, pour la saison estivale. Pour le moment, il est déjà possible de voir sur les cimaises des salles de la collection permanente quelques tableaux qui valent le déplacement, notamment Hommage à Grey Owl (1970), une huile sur toile récemment intégrée à la collection.

Ailleurs à Montréal, le Musée d'art contemporain a réservé en guise d'hommage une place dans son hall d'entrée au tableau Composition (1951). Trois autres oeuvres majeures issues de la même période pourront également être vues à compter du 24 mai au musée, dans le cadre de l'exposition Place à la magie, qui réunira des oeuvres phares de l'art québécois. Une simple balade en ville pourrait aussi conduire l'amateur auprès de La Joute (1974), une sculpture-fontaine monumentale conçue d'éléments en bronze et animée d'un bestiaire, la seule du genre connue de l'artiste. Aujourd'hui située au Parc olympique, elle sera déplacée en 2003 sur la place du Palais, un espace public qui verra le jour près de la nouvelle entrée du Palais des congrès.

À Ottawa, le Musée des beaux-arts a tenu à rendre hommage à Riopelle en réaménageant les salles de sa collection d'art canadien. Quatre peintures abstraites à l'empâtement généreux, caractéristique des années 50, ont été ajoutées aux cimaises, rejoignant entre autres Pavane (1954), un tableau au format intimidant (300 cm X 550,2 cm) qui trônait déjà dans la salle.

Retour à Montréal, cette fois en empruntant un circuit commercial: la galerie de Bellefeuille, à Outremont, et la galerie Les Modernes, dans l'édifice Belgo, offrent chacune à la vue du public une peinture du tournant des années 50.

Ailleurs au Québec

Colossale, l'oeuvre du peintre est aussi disséminée à travers tout le Québec. Les collections des musées régionaux, modestement, en font foi. Ainsi, le parcours de la collection permanente du Musée des beaux-arts de Sherbrooke comprend une oeuvre abstraite sur papier. Le Musée d'art de Joliette, détenteur de plusieurs estampes, donne actuellement à voir deux petites peintures des années 70. Bien qu'elle soit réduite, la sélection proposée par le Musée du Bas-Saint-Laurent mise sur la diversité en présentant une sculpture, une oeuvre sur papier et une peinture. Pour qui le souhaite, il y a de quoi se faire plaisir. Le musée prévoit par ailleurs une exposition plus étendue sur l'oeuvre de Riopelle en 2003.