Une immense murale en hommage à Riopelle s’illumine

L’oeuvre haute de 60 mètres, érigée dans le quartier Milton-Parc, sera désormais illuminée tous les soirs.
Photo: Olivier Bousquet L’oeuvre haute de 60 mètres, érigée dans le quartier Milton-Parc, sera désormais illuminée tous les soirs.

Pour donner le coup d’envoi des célébrations du 100e anniversaire de Jean Paul Riopelle, une immense murale en l’honneur de l’artiste a été inaugurée et illuminée mardi soir, au centre-ville de Montréal. L’oeuvre haute de 60 mètres, érigée dans le quartier Milton-Parc près de l’Université McGill, est réalisée par nul autre que Marc Séguin. Elle sera désormais illuminée tous les soirs.

« Faire en sorte que l’oeuvre et l’héritage de Riopelle soient aussi accessibles, c’est tout un cadeau qu’on fait aux Montréalais », s’est enthousiasmée la mairesse de Montréal, Valérie Plante, présente à l’inauguration. Des dizaines de personnes, dont de nombreuses figures connues du gratin artistique québécois, étaient rassemblées pour l’occasion, devant l’immeuble résidentiel sur lequel a été peinte la murale, au coin des rues Milton et University.

Intitulée L’art magnétique, l’imposante murale pourra notamment être observée du haut du belvédère Kondiaronk au sommet du mont Royal, tout comme l’autre grande murale du centre-ville, qui représente Léonard Cohen, réalisée cinq ans plus tôt.

C’est l’artiste Marc Séguin qui a conceptualisé le projet, à l’issue d’un concours ouvert au public, organisé par la Ville de Montréal. La grande murale représente donc une oie volant au-dessus d’une sphère, comme « une lune, une planète, et un soleil » tout à la fois, a indiqué l’artiste. Les oies ont toujours été un symbole marquant de l’univers visuel de Riopelle, lui qui en a peint beaucoup, jusqu’à sa mort à l’Isle-aux-Grues.

« Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que ça peut représenter pour un artiste de rendre hommage à l’art, par une oeuvre d’art », a affirmé Marc Séguin. Jean Paul Riopelle était l’une de ses « idoles » de jeunesse a-t-il dit, visiblement très ému. Il a même raconté s’être amusé à avoir laissé des artistes muralistes improviser quelques éléments au centre du globe : « Est-ce que j’allais répéter la maquette ? Ce n’est pas ce que Riopelle aurait souhaité ».

Mardi soir, en compagnie du président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière, et du philanthrope Michel de la Chenelière, Valérie Plante a officiellement lancé l’illumination de la murale. À l’instar de l’oeuvre représentant Leonard Cohen sur un immeuble de la rue Crescent, elle sera auréolée d’une lumière blanche scintillante tous les soirs.

Hommage à un « grand bâtisseur »

Les deux projets s’inscrivent d’ailleurs dans une série de 25 murales en hommage aux « bâtisseurs culturels montréalais », pilotée par l’organisme MU, qui assure la production des oeuvres. L’organisme a donc réalisé d’autres projets représentant par exemple Oscar Peterson, Dany Laferrière, ou encore Michel Tremblay. L’art magnétique devient leur 200e murale montréalaise.

« Cet emplacement a été choisi, tout près de l’Université McGill, non seulement pour le lien qu’avait Riopelle avec le quartier, mais aussi parce que le mur fait face au mont Royal et que l’oeuvre entre en dialogue avec notre projet sur Cohen », explique Julie Carlier, responsable des communications chez Mu.

Jean Paul Riopelle a en effet grandi sur le Plateau-Mont-Royal et a étudié à l’ancienne École des beaux-arts de Montréal, située rue Saint-Urbain, tout près de la murale. Signataire du Refus Global, chef de file du mouvement automatiste et figure incontournable de l’art abstrait canadien moderniste, Jean Paul Riopelle est l’un des artistes québécois s’étant le plus illustré à l’international.

De nombreux événements orchestrés par la Fondation Riopelle sont à prévoir, partout au Canada, pour son 100e anniversaire. Une pièce de théâtre, des concerts de cirque et de musique, ainsi que le début des travaux de l’Espace Riopelle au Musée national des beaux-arts du Québec, sont à prévoir.

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