Deux étages plus haut

La galerie reprend une salle qui a donné lieu à de grandes
expositions, quand le centre Optica l’a occupée de 1997 à 2014 et a contribué à la réputation du Belgo.
Photo: Adil Boukind Le Devoir La galerie reprend une salle qui a donné lieu à de grandes
expositions, quand le centre Optica l’a occupée de 1997 à 2014 et a contribué à la réputation du Belgo.

Une rentrée sans que ça bouge au Belgo n’est pas vraiment une rentrée. La nouveauté cet automne, dans l’édifice de la rue Sainte-Catherine, se manifeste non pas par l’arrivée d’un nouveau venu, mais par le déménagement, l’agrandissement ou le dédoublement de la galerie Hugues Charbonneau. Nommez-le comme vous le voudrez ; ce qui est clair, c’est qu’il faudra monter au 5e étage (et non plus au 3e) pour visiter la galerie qui célèbre ses dix ans.

La galerie, forte d’artistes de toutes les origines (Karen Tam, Moridja Kitenge, Maria Hupfield, pour ne nommer que trois de la quinzaine d’artistes qu’elle représente), se dote d’un espace deux fois plus grand. L’aire d’exposition changera de configuration, selon les besoins, alors que jusque-là elle demeurait identique. Et le bureau ne sera plus coincé entre un muret et les fenêtres.

Enfin, grâce à la contribution de généreux mécènes (Jad et Roula Shimaly), qui assument le loyer du local au 3e étage, des artistes invités par Hugues Charbonneau établiront leurs ateliers dans l’espace laissé vacant. L’endroit ne portera plus le nom du galeriste, mais demeure le lieu de son mentorat.

Au local 508, il faudrait aussi parler de renaissance. Car la galerie reprend une salle qui a donné lieu à de grandes expositions, quand le centre Optica l’a occupée de 1997 à 2014 et a contribué à la réputation du Belgo.

« Tous les scénarios »

« On a refait les murs, investi énormément pour effacer des choses », dit le nouveau locataire, fier de montrer le nouvel éclairage — « des tuiles écoénergétiques, comme des puits de lumière artificielle ». Il tient à faire de son entreprise un modèle du non-gaspillage : zéro papier, pas de peinture fraîche pour chaque expo, réutilisation des emballages et des cimaises amovibles, entreposées lorsqu’elles ne servent pas.

Le nouvel espace servira à tester « tous les scénarios », y compris deux solos simultanés ou de la vidéo, chose impossible au 3e étage. L’honneur de l’inauguration revient à Manuel Mathieu. Devenu la vedette de la galerie, le peintre retrouve Montréal après avoir exposé à Shanghai, à Londres, à New York… Il présente des tableaux sur le thème de la mélancolie.

Suivra une exposition collective avec quinze artistes montréalais de la communauté haïtienne, pas nécessairement représentés par la galerie. « Je pourrais ne travailler qu’avec ces artistes et ça serait incroyablement bon », dit celui qui a accueilli à bras ouverts le projet de la commissaire Dominique Fontaine.

« Ces artistes défient la définition de l’art contemporain, flirtent avec d’autres traditions, font référence à des mouvements comme Saint Soleil, d’Haïti », explique-t-il en parlant d’Imaginaires souverains, exposition si vaste qu’un volet sera présenté à la Maison de la culture Janine-Sutto.

Jérôme Delgado

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