L’illustrateur Bruce Roberts est décédé

En plus de son travail avec «Le Devoir» et sa participation à différentes expositions, Bruce Roberts a aussi illustré une dizaine de livres pour enfants publiés aux Éditions Les 400 coups.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne En plus de son travail avec «Le Devoir» et sa participation à différentes expositions, Bruce Roberts a aussi illustré une dizaine de livres pour enfants publiés aux Éditions Les 400 coups.

Connu pour ses dessins ludiques et son trait de crayon longiligne reconnaissable entre tous, l’artiste montréalais Bruce Roberts est décédé lundi dernier à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer fulgurant. Il a été un collaborateur du Devoir pendant de nombreuses années, où ses illustrations impressionnistes accompagnant les critiques culinaires ont fait sa renommée.

Critique gastronomique dans les années 1990, la chroniqueuse du Devoir Josée Blanchette n’a que de bons souvenirs de sa collaboration avec M. Roberts, qui trouvait toujours le moyen de traduire en image l’essence de ses textes — mieux que n’importe quelle photo, à son avis. « Ce n’était pas un artiste péteux. Bruce, c’était l’humilité et la liberté. C’était un artiste au sens le plus pur. Il n’était pas en quête de renommée ou de quoi que ce soit », souligne Mme Blanchette.

Né en Angleterre, Bruce Roberts grandit en Ontario avant d’atterrir à Montréal pour étudier le génie à l’Université McGill. Au grand dam de son père, il abandonne l’école en 1970 pour vivre de sa passion, le dessin, ce qui l’amènera à travailler aux États-Unis, notamment pour le Washington Post.

Attiré par les Jeux olympiques, Bruce Roberts pose pour de bon ses valises à Montréal en 1976, à une époque de grandes tensions linguistiques où les anglophones quittent en masse la métropole. « Bruce ne parlait ni anglais ni français : il parlait le Bruce. C’était vraiment un artiste unique, qui ne voyait pas la vie comme tout le monde. Il avait gardé son regard d’enfant, et c’est ce qui donnait ce côté ludique à son oeuvre », explique sa conjointe et collaboratrice de longue date, Anna Gedalof, qui estime qu’il a toujours été davantage reconnu du côté francophone qu’anglophone.

À partir de la fin des années 1970, il fréquente tous les grands noms du théâtre québécois, pour lequel il produira plusieurs portraits et illustrations. En plus de son travail avec Le Devoir et de sa participation à différentes expositions, Bruce Roberts a aussi illustré une dizaine de livres pour enfants publiés aux éditions Les 400 coups.

Sa veuve aimerait entamer prochainement des discussions avec le Musée McCord pour mettre en valeur son oeuvre.

À voir en vidéo