Sur le radar: le présent à la Biennale de Berlin

L’artiste Kader Attia, commissaire de la 12e Biennale de Berlin
Jennifer Soike L’artiste Kader Attia, commissaire de la 12e Biennale de Berlin

C’est l’artiste franco-algérien Kader Attia, travaillant sur des questions de mémoire et sur l’histoire coloniale, qui est le commissaire de la 12e Biennale de Berlin. Un événement lui aussi teinté par les questions sociales, par des réflexions sur le colonialisme et le féminisme, mais qui montre néanmoins des oeuvres d’art.

Le titre de cette biennale, Still Present ! [Toujours présent !] souligne comment « plus que jamais, la gouvernance algorithmique s’est emparée de notre moment présent ; elle est devenue un champ de lutte économique sans précédent pour l’extraction de données comportementales, un modèle économique si puissant que nous nous sentons incapables de libérer notre présent de ses griffes. Nous nous projetons quotidiennement dans le futur ou le passé, tout en croyant que nous agissons dans le présent. Comment se réapproprier alors notre présent ? En récupérant notre attention. L’art permet d’offrir un présent prolongé et surtout libre. »

Le visiteur remarquera en particulier le volet placé dans les anciens bureaux de la Stasi traitant de la question de la surveillance. On notera entre autres l’oeuvre d’Omer Fast, A Place Which is Ripe, qui fait réfléchir sur la pertinence de l’omniprésence des caméras de surveillance dans nos sociétés. Dans cette expo, le Canada est à l’honneur, mais pas pour de bien belles raisons. Dans Freezing Deaths & Abandonment Across Canada, de la série Cold Cases, l’artiste Susan Schuppli parle des Starlight Tours [Virées sous les étoiles], pratique policière consistant à conduire des Autochtones saouls ou agités en dehors des villes, par grand froid, et de les abandonner là, les vouant à l’hypothermie et même à la mort.

 

Still Present !

Biennale de Berlin, jusqu’au 18 septembre

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