Les musées régionaux sur la route des vacances

Caroline Rodgers
Collaboration spéciale
Situé à Odanak, réserve abénakise  à l’est de Sorel, le Musée  des Abénakis présente différentes expositions  qui permettent  d’en savoir plus  sur la culture  de cette Première Nation.
Studio du ruisseau SMQ Situé à Odanak, réserve abénakise à l’est de Sorel, le Musée des Abénakis présente différentes expositions qui permettent d’en savoir plus sur la culture de cette Première Nation.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

L’été, c’est le plein air, la campagne et les sorties en famille, mais aussi une occasion d’apprendre dans le plaisir sur la nature, l’histoire, les arts et les sciences. Tout au long du chemin, de nombreux musées régionaux proposent des expositions intéressantes pour tous les âges.

En pleine nature au Biophare de Sorel-Tracy

À Sorel-Tracy, le Biophare met en valeur le patrimoine naturel et humain lié au territoire de la Réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre. L’exposition immersive en cours, Contemplation au fil des saisons, ouverte jusqu’en octobre, permet déjà de voir 42 photographies et 4 vidéos de la nature et des saisons. Elles sont l’œuvre de Domianick, un couple d’amoureux de la nature. Certaines photographies, prises de près, permettent d’admirer le détail du plumage des oiseaux ou des ailes des insectes, tandis qu’une ambiance sonore permet de se sentir encore plus près de la nature.

De plus, deux expositions permanentes sont à l’affiche. À l’observatoire du lac Saint-Pierre, on retrouve la fouille archéologique d’un site iroquoien occupé il y a plus de 500 ans, en plus d’un environnement naturel unique et d’un chalet sur pilotis. L’exposition L’appel du large, pour sa part, raconte l’histoire de la construction navale et de la fabrication d’armement à travers deux grandes entreprises de la région et l’épopée de ses fondateurs.

Par ailleurs, les Randonnées nature du Biophare sont de retour cette année à bord d’un tout nouveau bateau pneumatique à coque d’aluminium. Il s’agit d’une croisière d’une durée de trois heures permettant d’admirer la faune et la flore du lac Saint-Pierre, et d’explorer les histoires et légendes des îles de Sorel en compagnie de capitaines-guides expérimentés. C’est l’occasion d’observer les oiseaux, dont les grands hérons, et d’apercevoir des îles méconnues, dont l’île du Moine avec son phare ancestral, et l’Îlette-au-Pé, où se trouve la maison de la romancière Germaine Guèvremont, auteure du classique Le Survenant.

Découvrir l’archéologie à Beauharnois

À Beauharnois, on s’initie à l’archéologie en visitant Pointe-du-Buisson — Musée québécois d’archéologie, qui présente, entre autres, la nouvelle exposition permanente Voix nomades,« où la voix de la recherche archéologique rencontre celle des traditions autochtones ». Elle permet de voir des traces fossiles datant de plus de 500 millions d’années.

On peut aussi visiter les collections d’artefacts et une collection ethnologique d’objets régionaux. Le Musée propose aussi neuf balados expériences, des visites sonores sur des aspects spécifiques de ce lieu. De plus, cet été, l’exposition Racines présentera les œuvres de Diane St-Georges, artiste-peintre.

Aventures ferroviaires à Exporail

L’été, à Exporail, le Musée ferroviaire canadien, de nombreuses activités extérieures s’ajoutent aux expositions fascinantes du Musée. Que l’on soit ou non mordu des trains, difficile de résister à l’envie d’examiner de plus près une spectaculaire locomotive d’époque !

Cette année, la principale nouveauté proposée par Exporail est le vélorail. Il s’agit d’une expérience immersive et interactive sur une distance de 2,4 km, entre deux gares situées sur le site du Musée. De plus, les 16 et 17 juillet, on pourra faire des tours de draisines ferroviaires, les ancêtres du vélorail qui servaient jadis à l’inspection des voies ferrées. Les 20 et 21 août, le public est invité à voir une exposition de trains miniatures.

Photo: Exporail, le Musée ferroviaire canadien L’immense site extérieur d’Exporail comprend une quarantaine de véhicules ferroviaires et une exposition permanente sur la sécurité ferroviaire s’adressant aux enfants

Du 20 mai au 30 octobre, l’immense site extérieur d’Exporail comprend une quarantaine de véhicules ferroviaires, une exposition permanente sur la sécurité ferroviaire s’adressant aux enfants (à compter du 24 juin), et la visite de la gare Barrington, une gare authentique qui a été préservée, démontée et transportée sur le site.

Diverses balades sont également proposées, soit une promenade sur le chemin de fer miniature, à bord d’un train de passagers ou avec le simulateur de locomotive.

Évidemment, on ne peut pas visiter le lieu sans voir l’exposition temporaire Train, transporteur de rêves. Un monde en miniature. Réalisée par Pointe-à-Callière, et ouverte jusqu’en septembre, cette vaste exposition est également consacrée aux trains miniatures, retraçant l’histoire grandiose de la vie ferroviaire à Montréal.

Artistes des Premières Nations au Musée du Bas-Saint-Laurent

Situé à Rivière-du-Loup, le Musée du Bas-Saint-Laurent a pour mission de faire mieux connaître l’art contemporain québécois, la photographie ethnologique de l’Est-du-Québec et la production des artistes de la région.

À partir du 10 juin, il accueillera l’exposition KMAWQEPIYAPON (nous sommes assis dans le même cercle), qui rassemblera des œuvres d’artistes provenant de la Confédération wabanaki. L’idée du rassemblement est au cœur de la réflexion de la commissaire de l’exposition, Ginette Kakakos Aubin, qui a voulu faire découvrir la richesse de la culture des Wolastoqiyik Wahsipekuk (Malécites) du Québec à travers les œuvres exposées.

Les artistes participants allient des matériaux nobles, issus de la nature, et contemporains, issus de l’industrialisation, tout en conservant un profond ancrage dans la culture ancestrale.

D’autre part, l’exposition permanente du musée, Visages et paysages, présente l’histoire et la culture de la région à travers une vaste collection de photos comportant un aspect interactif. De plus, un parcours familial propose un livret-jeu gratuit permettant de s’amuser en parcourant cette exposition.

Musée régional de Rimouski

Que l’on s’intéresse à l’art contemporain, à l’histoire ou aux sciences, on peut trouver de quoi satisfaire sa curiosité au Musée régional de Rimouski, situé à quelques pas du fleuve, dans une ancienne église.

À compter du 22 juin et jusqu’en octobre, l’exposition Dialogues dans le temps. Le Musée fête ses 50 ans ! abordera l’histoire méconnue de cette institution muséale à travers sa collection permanente et diverses thématiques.

Photo: Sébastien Raboin Le Musée régional de Rimouski, situé à quelques pas du fleuve

Dès le 12 juin, on pourra aussi voir une exposition consacrée au duo d’artistes contemporains Jean-François Cooke et Pierre Sasseville, connus pour leurs œuvres d’art public. Une œuvre monumentale inédite intitulée État mortifère sera présentée. Une rétrospective sous le titre Les deux pieds dans le patrimoine présentera une demi-douzaine de leurs œuvres sculpturales, revenant sur la dernière décennie du duo.

Finalement, un mini-camp artistique est proposé aux enfants de la région ainsi qu’aux visiteurs de passage, les 28 et 29 juillet et les 25 et 26 août. On leur promet de découvrir des expositions et d’explorer des pratiques artistiques en s’amusant au cœur du littoral.

La pêche au saumon aux Jardins de Métis

Célèbres pour leur beauté exceptionnelle, les Jardins de Métis présentent aussi chaque année des expositions temporaires en plus de ses expositions permanentes.

Cette année, la thématique de la pêche au saumon est à l’honneur avec l’exposition Guides de pêche. Celle-ci met en valeur le métier qui est à l’origine de ce site. En effet, c’est en voulant transformer son camp de pêche en jardins qu’Elsie Reford a créé cet endroit en 1926.

Le guide de pêche, personnage incontournable de la région à l’époque, est le héros de cette exposition photographique.

Cette thématique a également guidé l’artiste Alexis Aubin-Laperrière, dont l’exposition Look-à-tout est également présentée. Son utilisation d’une technique d’impression japonaise, le gyotaku, donne une seconde vie aux saumons pêchés, à travers des impressions qui garniront les murs de la villa Estevan, évoquant le pavillon de pêche d’Elsie Reford.

Pour mieux connaître l’héritière à l’origine de ces jardins joyaux de la région et du Québec, on visitera l’exposition Elsie vue par… qui dresse un portrait de cette femme d’exception.

À l’aventure au Musée de la Gaspésie

Au Musée de la Gaspésie, situé à Gaspé, on peut rêver d’aventures en visitant trois expositions permanentes. À la confluence des mondes raconte l’histoire de la région depuis la préhistoire à nos jours, tandis que Le grand large nous fait revivre les péripéties des gens de la mer, pêcheurs, chasseurs de baleine ou capitaines. Avec La Gaspésienne no 20, on peut monter à bord d’un authentique bateau de pêche à la morue, en bordure de la baie de Gaspé.

Photo: Musée de la Gaspésie Situé à deux pas du fleuve, le Musée de la Gaspésie a pour mission de favoriser la connaissance et l’appréciation de l’histoire et du patrimoine gaspésiens.

Au chapitre des nouveautés, l’exposition Cher Léo, ouverte jusqu’en 2023, nous permet d’admirer les sculptures de Léonard Lapierre, figure bien connue de l’art populaire gaspésien. Commençant par des sculptures sur bois à 16 ans, il fait évoluer son art en y intégrant une foule de matières et d’objets récupérés.

On pourra aussi voir l’exposition Yves Gonthier. 10 ans de création à Percé, qui regroupe un ensemble de peintures réalisées par cet artiste entre 1980 et 1990, alors qu’il habitait à Val-d’Espoir.

Le cirque au Musée POP de Trois-Rivières

Consacré à la société québécoise sous l’angle de sa culture populaire, le Musée POP permet de découvrir nos façons d’être et nos savoir-faire.

Dès ce printemps, la principale nouveauté est l’exposition Place au cirque ! qui se déroulera jusqu’au 5 septembre. Réalisée par Pointe-à-Callière, elle permet une plongée au cœur des arts du cirque à travers plus de 150 objets. Costumes, accessoires, décors, maquettes et œuvres d’art sont au menu, en plus de projections vidéo.

Photo: Romain Guilbault Vue de l'exposition «Place au cirque!»

À compter du 17 juin, l’exposition Épingler le Québec ! présente une incroyable collection de 27 000 macarons, témoins de la vie québécoise. Collectionneur infatigable, René Marois a accumulé ces pièces de 1970 à 2015, constituant ainsi une véritable histoire de notre société à travers ses festivals, ses événements sportifs, artistiques ou politiques. On y retrouvera certainement des souvenirs de moments oubliés. De quoi alimenter notre nostalgie !

Du 23 juin au 5 septembre, le musée présente aussi L’art du crime. Drames et méfaits en Mauricie de 1822 à 1986, ainsi qu’une programmation spéciale dans le cadre du 200e anniversaire de la Vieille prison de Trois-Rivières.

L’été au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul

Cet été, deux expositions temporaires et un film immersifs sont présentés par le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. Le collectif BGL, représentant important de l’art actuel québécois depuis 25 ans, est le sujet d’une exposition du 16 juin au 6 novembre. On y trouvera une généreuse sélection du travail de ces artistes qui ont représenté le Canada à la Biennale de Venise en 2015, l’occasion idéale de découvrir leur univers fantaisiste et audacieux.

Dans le cadre de l’expo Célébrations !, du 18 juin au 6 novembre, le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul et le Symposium international d’art contemporain collaborent pour souligner leurs anniversaires respectifs, soit 30 ans pour le premier, et 40 ans pour le second. Un choix d’œuvres et de documents d’archives rendra hommage aux artistes et aux professionnels qui ont mis leur talent au service du rayonnement des arts au fil des ans.

Finalement, le film immersif Territoires des Amériques invite à revisiter soixante ans de pratique de l’artiste multidisciplinaire René Derouin. Conçu à la manière d’un carnet de voyage, le film de 45 minutes, présenté à chaque heure, reprend les lieux importants du cheminement de cet artiste, du Québec au Mexique.

On nous promet une immersion totale dans ses paysages de prédilection ainsi que dans son processus créatif. Il réalise également une grande œuvre circulaire devant la caméra.

À la rencontre des Abénakis

Situé à Odanak, réserve abénakise à l’est de Sorel, le Musée des Abénakis nous permet d’en savoir plus sur la culture de cette Première Nation.

À compter de juillet, le musée propose l’exposition NI KA KI TACKAKWAN — Ce qui m’a influencé de l’artiste Jacques Newashish, membre de la nation atikamekw de Wemotaci. L’artiste s’est donné pour mission de faire connaître la culture autochtone et de défendre la langue et la culture atikamekw. L’exposition couvre 40 ans de sa carrière à travers toiles et sculptures.

On y trouve aussi trois expositions permanentes. Wôbanaki. Peuple du soleil levantnous invite à découvrir la vie culturelle et spirituelle des Abénakis grâce à une projection multimédia. Elle raconte la création du monde, selon leur tradition. Par la suite, on en apprend plus sur leur mode de vie ancestral, grâce à des objets fascinants.

Kwigw8mna. Habitation traditionnelle restera certainement gravée dans la mémoire des visiteurs petits et grands, puisqu’il s’agit d’entrer dans la reproduction d’une habitation traditionnelle située à l’extérieur du Musée. Le site nous permet aussi de connaître des variétés indigènes de légumes cultivés par les Abénakis dans le potager attenant.

Finalement, on pourra aussi en savoir plus sur les connaissances ancestrales des W8banakiak au sujet des ressources de leur territoire avec l’exposition N8WAT. AA. Avant aujourd’hui

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